Cf. plus haut, chap. IX, p. 371, lettre du 14 mai
G. Cf. Giraudet, Bull, monumental, 1877, Bull. Soc. archéol. Tour., IV, 476-482.
j l'atelier de MICHEL C0L0MI5E 413
Sont-ce là, ainsi que le François Colombe, peintre, mort en 1512, les fils du peintre de Bourges; c'est possible, mais nous ne saurions l'affirmer. Nous savons, d'autre part, qu'une nièce de Micliel Colombe, Loi/se, qui n'appartenait pas à la famille précédente, épousa Guillaume Regnault le sculpteur. Celui-ci n'est, par conséquent, que le neveu par alliance de son maître. Cette Loyse Colombe étant morte, Regnault se remaria avec une autre nièce de son maître et protecteur, Marie de Pommiers, qui était fille de Jeanne Colombe, sœur de Micbel, et de Jean de Pommiers, liuissier au grand Conseil.
C'est une fille née de ce second mariage de Guillaume Regnault, qu'épousa Bastien François, l'architecte de Saint-Martin de Tours. De fait, celui-ci est qualifié par Colombe, dans l'acte de 1511, de « gendre de mon dit neveu ».
Voici donc, sauf rectification possible, par des textes encore à découvrir, le tableau que nous pouvons dresser de la famille de Michel Colombe.
Michel C(JLOMBE Jehan Colombe t'rançois Colomue (?) Jeanne Colombe
Peintre à Bourges vers 1470 ? ép. Jcan de Poilimiers
Marie dh Pommiers ép. G. Rej^naull en "I"^ noces
Marie IIegnault ép. Bastien l'rançois
Des peintres Jehan, François, Philippe, nous ne savons que peu de chose.
Jean, qui nous est signalé comme travaillant à Bourges pour Charlotte de Savoie, vers 1470, fut recommandé sans doute par sa protectrice à la cour de Savoie, pour laquelle nous savons qu'il termina, vers 1482, l'illustration d'un manuscrit de l'Apocalypse commencé au début du siècle par Jean Bapteur de Fribourget Perronet Lamy. En 1482, il recevait à Bourges de l'argent du duc Charles P'' pour avoir illustré certaines Heures, et en 1485 il recevait le titre d'enlumineur du même duc de Savoie K
François Jean Philippe Robert Marthe Loyse Colombe
fl51-2 -]- 1532 Peintre Ouvrier en ép. G. Rcgnault
Peintre ? ^1™!»'^ soie enl'^MlOCeS
1. Le manuscrit de l'Escurial a été étudié par M. P. Durrieu (Bib. Ec. Cliartcs, 1893, p. 251-326), qui avait reconnu dans la seconde partie une œuvre d'un miniaturiste français de la deuxième moitié du xv" siècle (Cf. aussi id., Chronique des Aris, 1895, p. 135-137). — M. de Champeaux ilhicl., p. 154-5), rapprochant cette constatation d'un passage de l'iiistorien Cibrario [Economia politica del medio aevo. Turin, 1839, p. 332, note) où est mentionne Jean Colombe, d'après des textes
Nous ne pouvons que faire des hypothèses sur la possibilité d'une collaboration constante de François, avec son oncle. Il devait sûrement travailler à la marpiette du tombeau de Brou, lorsque la mort vint le prendre; mais c'est un procédé trop facile, et qui a été trop souvent employé, de prendre les conditions proposées pour l'exécution du tombeau de Brou et d'affirmer qu'elles reproduisent intégralement celles dans lesquelles fut réellement exécuté le tombeau de Nantes. François Colombe avait-il travaillé à celui-ci, avait-il travaillé au retable de Saint-Saturnin, qui était « tout painct d'or et d'azur »? C'est possible, mais nous n'en savons rien.
Nous sommes im peu mieux renseignés sur Guillaume Regnault et sur Bastien François K
Bastien François, ainsi que son frère Martin, est désigné d'ordinaire sous le titre de maifre maçon ou mailre des œuvres de maçonnerie. Nous avons quelques renseignements sur leur carrière et sur certaines œuvres qu'ils exécutèrent à Tours, souvent même en commun : la fontaine de Beaune, le cloître Saint-Martin , le clocher nord de la façade de la cathédrale 2. Mais ce sont là seulement des œuvres d'architecture ou de pure décoration. C'est, du reste, pour des travaux du même genre, pour la construction du tombeau et pour celle de la chapelle de Brou que Michel Colombe s'était assuré, en 1511, le concours de Bastien François ; mais ici encore rien ne prouve absolument que l'artiste ait déjà rempli le même office auprès de lai pour le tombeau de Nantes, et l'on ne peut pas dire, à proprement parler, que François ait fait partie de l'atelier d'imagerie de Michel Colombe, ni même qu'il ait été son architecte attitré.
Ce François, en tous cas, est un tard venu dans l'atelier : il est de deux générations plus jeune que le maître \ et il n'y a pas lieu de nous étonner ni de nous inquiéter, si nous constatons chez lui des concessions à la mode italienne.
Guillaume Begnault nous intéresse bien davantage, d'abord en sa qualité de sculpteur, d'élève et de collaborateur direct et certainement fidèle de
anciens aujourd'hui disparus, avait attribué tout le manuscrit à Jean Colonil)c. Des recherches récentes de MM. A. Vesme et Fr. Carpa {Arte, anno IV, p. 36-42) ont restitué leur part aux deux premiers miniaturistes et remis aussi en himière le nom de Jean Colombe. (Cf. P. Durrieu, Bull. Soc. anliq., 10 avril 1901.)
1. Bastien François était peut-être parent du Snfuvnin François, maître peintre, qui, en 1480, avait collaboré avec Colombe pour les maquettes du tomljeau de Louis de Rohault (cf. plus haut, chap. IX, p. 348), peut-être aussi de Jacquet François (cf. plus haut, p. 338), tailleur d'images du roi Louis XI que nous avons déjà cité.