Grandmaison, Doc. inécL, p
3. Les premières œuvres ou mentions d'œuvres que nous ayions de lui sont des environs de 1508-1509.
^ l'atelier de MICHEL COLOMBE 415
Michel Colombe, par ce fait ensuite que les dates de sa carrière le rapprochent évidemment beaucoup plus du maître lui-même. En 1511, Michel Colombe déclare que Regnault Ta « servy et aidé quarante ans ou environ ». Ce serait donc, si le vieux maître n'exagère pas, vers la date approximative de son établissement en Touraine qu'il aurait rencontré cet auxiliaire précieux, né, lui aussi, retenons-le bien, en plein xv'' siècle, entre 1450 et 14G0. D'autre part, la découverte capitale de M. Louis de Grandmaison a permis récemment d'attribuer en toute sécurité à Guillaume Regnault une œuvre encore existante et de première importance, le tombeau des Poncher^ du Musée du Louvre'. Or ce tombeau est des environs de 1524. Guillaume Regnault avait donc, lui aussi, près de 70 ans lorsqu'il l'entreprit, et, comme son maître, il témoignait jusqu'à la fin de sa carrière d'une activité surprenante. On a été tenté naturellement, à la suite de cette découverte, de grossir un peu son bagage et d'augmenter son importance
A vrai dire, on sait très peu de chose sur son compte. N'était la mention de l'acte de 1511, qui nous révèle sa longue collaboration avec Colombe, toute la première partie de sa carrière nous échapperait entièrement : nous ignorons encore ce que fut son activité pendant ce temps, mais nous savons qu'elle se confond sans doute avec celle de son maître. Nous sommes sûrs, en particulier, qu'il dut prendre une très grande part à l'exécution du tombeau de Nantes. Nous n'avons également que très peu de renseignements sur les circonstances particulières de sa vie. En 1502 seulement, nous le voyons paraître comme témoin dans un acte signé par Michel Colombe, constatant un prêt fait à un habitant de Yernou ; en 1506, il signe, avec son maître, une pièce relative au sépulcre de La Rochelle ^.
Après 1512, Regnault recueillit, sans doute, la succession de Michel Colombe^, devint le directeur de l'atelier de la rue des Filles-Dieu et prit le titre de tailleur d images de la reine. Il se pare, en effet, de ce titre, en 1523, lorsqu'il signe, avec son confrère Guillaume Chaleveau , un acte d'association pour l'exécution de « la sépulture de M"" Loys Poncher quil a promis faire et asseoir en l'église de...^ (sic) à Paris ».
1. Cf. L. de Grandmaison, Les auteurs du tombeau du Poncher, Béun. des Soc. des B.-A. des dép., 1897.
2. Cf. L. de Grandmaison, art. cit., et De Granges de Surgères, Artistes nantais, 404-407.
3. A quelle époque épousa-t-il Louise Colombe'l A quelle époque celle-ci mourut-elle, et se remaria-t-il avec une autre nièce de son maître? Nous n'en savons rien. Nous pouvons seulement conjecturer que ce second mariage dut s'accomplir vers 1490, puisqu'on 1511 une des filles qu'il avait eues de sa seconde femme avait déjà épousé Bastien François.
4. Cf. Giraudet, Buli. monuni., 1877, p. 73. Les biens de Michel Colombe demeurèrent entre les mains de Guillaume Regnault comme curateur à ce commis par autorité de justice. Le partage n'eut lieu qu'en lu31, à la mort de Jean Colombe.