‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 233 sur 305 · Giraudet, p · texte numérisé non relu

Giraudet, p

P. ViTHY. —

leur, pour un mystère représenté, en 1516. Guillaume Arnault^ exécute, en 1520, un saint Michel pour le pavillon du roi, lors de Tentrevue avec Henri VIII. Guillaume Langevin, en 1519, sculpte un saint Honoré en pierre pour l'église Saint-Augustin de Tours La même année , on trouve mentionné, dans une pièce, un nommé Nicolas Baschet^^ sculpteur en terre cuite ^.

Il semble, d'après ces quelques renseignements, qu'il y ait eu à Tours, en dehors de Michel Colombe, dans les premières années du xvi^ siècle, un certain nombre de sculpteurs, travaillant à côté du maître. D'ailleurs, Michel Colombe, continuant les principes et la méthode de travail des imagiers du moyen âge, ne pouvait, en aucune façon, rester un isolé. Enfin, même sur les artistes qui ne faisaient pas partie de son atelier, son action personnelle devait s'exercer fortement et il dut susciter autour de lui, par son enseignement ou par son exemple, toute une série de productions approchant plus ou moins de la valeur de ses œuvres personnelles.

Et pourtant, alors que dans d'autres pays les morceaux d'école ou d'atelier paraissent foisonner autour des œuvres capitales, nous n'avons trouvé en Touraine qu'un assez petit nombre de ces productions si intéressantes à relever et à grouper pour montrer qu'il ne s'agit pas d'une manière individuelle et fortuite, mais d'un style général : si l'on n'était jDrévenu par les documents, à voir seulement les églises et les musées de Tours, on pourrait presque ignorer qu'il ait existé au début du xvi'' siècle une grande école de sculpture dont Tours fut le centre d'activité.

Les causes de destruction ont été nombreuses et nous les avons déjà énumérées. Malgré tout, s'il s'était produit autour de Michel Colombe la quantité d'œuvres que l'on rencontre par exemple dans le milieu troyen, il en subsisterait bien quelque chose; il faut donc admettre aussi que ces ateliers d'imagerie de Tours n'ont pas été très féconds, même à l'époque où nous sommes parvenus et qui paraît être la plus brillante de leur activité. Il en sortit quelques œuvres importantes, la plupart destinées dès l'origine à quitter la ville de Tours ; elles étaient commandées par le roi ou la reine (tombeau

1. Arch. Art fr., IV, 23. Les tentes et pavillon royaux, dont on sait le luxe, avaient été commandés dans cette circonstance solennelle aux ateliers de Tours.

2. Grandmaison, Doc. inéd., p. 228; Noiiv. arch. Arl fr., 1878, p. 244-245

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