‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 234 sur 305 · Nouv. arch. Arl. fr., 2'= série, t. I, p · texte numérisé non relu

Nouv. arch. Arl. fr., 2'= série, t. I, p

4. Tous ceux-là sont certainement des Français; probablement des artistes modesles, taillant le bois et la pierre. En voici un (Giraudet, p. 63) qui est qualifié de lailleur d'images en marbre, et qui figure en qualité de témoin à un acte pass.' en 1!)21 par ce Jérôme Paclierot dont il a été question plus haut. Il s'appelle Jarr/ues de Charnières, et ce pourrait bien être an étranger, comme son compère Jérôme Pacherot ; mais nous ne pouvons le certifier.

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de Nantes), par de grands seigneurs, comme le cardinal d'Amboise (saint Georges de Gaillon) ou comme les Montmorency (Vierge d'Ecouen) . On exécuta à Tours des monuments destinés à figurer même dans des églises de Paris (tombeau des Poncher). Mais certainement on s'y adonna moins à la production courante et industrielle que dans les ateliers de Troyes.

Nous pouvons cependant grouper sous cette rubrique atelier de Michel Colombe^ un certain nombre de morceaux dont quelques-uns sont peut-être antérieurs à la mort de l'artiste, mais qui, en tous cas, sont généralement contemporains de son élève Guillaume Regnault. Presque tous sont de premier ordre et l'on serait même tenté de les attribuer pour la plupart à Regnault lui-même. Nous ne possédons cependant de celui-ci qu'une seule œuvre certaine. C'est le tombeau de Louis de Poncher, daté de 1523. Nous l'étudierons tout à l'heure à son rang historique approximatif dans la série de ces œuvres, qui représentent pour nous aujourd'hui la grande école de sculpture toui^angelle de 1500 à 1530.

Nous allons voir s'y achever et s'y épanouir ici cet art délicat et gracieux, bien que robuste encore et plein de sève, que nous avons vu se former à la fin du xv^ siècle ; nous nous contenterons du reste de chercher ce qui peut se rattacher dans une certaine mesure à cette dernière grande école gothique que nous avons suivie jusqu'à Michel Colombe, et nous laisserons de côté certaines productions, contemporaines de ses successeurs, qui nous entraîneraient dans les manifestations de cet esprit nouveau qui s'éloigne du pur esprit français et qui commence dès lors à se propager de façon indéniable.

Sainte Catherine de la collection Lohin.

L'un des morceaux les plus anciens que nous connaissions de cette série et l'un des plus proches aussi de l'art de Michel Colombe est une petite statue de sainte Catherine, en marbre blanc, d'environ un mètre de hauteur, qui a fait partie de la collection de M. Lobin de Tours, et dont on ne sait aujourd'hui ce qu'elle est devenue '.

Debout, la main droite appuyée sur une grande épée nue, elle rappelait singulièrement les Vertus du tombeau de Nantes : son costume comme le leur

1. C'est là un exemple de cette lamentable dispersion des œuvres d'art dont nous nous plaif^nons. Celle-ci avait été sans doute « recueillie » dans quelque modeste église de Touraine et se trouve maintenant dépaysée à jamais. Nous avons pu retrouver sa piste, après la vente de la collection Lobin, chez un premier puis chez un second marchand, mais force nous a été de nous arrêter devant l'ignorance ou le mauvais vouloir du dernier. Espérons que la reproduction que nous en donnons, d'après une photographie ancienne (ju'a bien voulu nous communiquer M. l'abbé Bossebœuf, fera surgir quelque indication sur le sort définitif do cette œuvre charmante.

était précis et réaliste, son surcot de pelleterie traversé par une chaîne d'orfèvreries absolument identique dans le détail à celle de la Justice de Nantes, ses manches fendues très haut, comme celles de la Force^ et son manteau ramené par-devant selon la formule habituelle; celui-ci était d'une exécution

un peu plus sèche seulement et moins moelleuse que celui des Vertus de Colombe.

Sa physionomie était à la fois très individuelle et très proche de ce type particulier de figures rondelettes et spirituelles, au petit nez retroussé, dont nous avons déjà maintes fois parlé. Enfin, la pose générale, simple, calme, très aisée, sans maniérisme aucun, une certaine façon aussi d'incliner légèrement la tête sur le côté qui est précisément celle de la Justice de Nantes, complétait son analogie avec les œuvres que nous avons étudiées tout à l'heure ^

Tête (Tange du Verger.

Après la sainte Catherine de la collection Lobin, voici encore un morceau sur le sort duquel nous ne sommes pas mieux fixé, quelles qu'aient été nos recherches depuis plusieurs années : c'est une tête d'angelot dont nous connaissons deux moulages, l'un au Musée Saint- Jean à Angers, l'autre au Musée des Antiquaires Ane. coll. Lobin. -Sainte Catherine, cle Poilicrs. C'cst uu simple fragment, mais qui "^'^ nous fait souj)çonner l'existence d'une œuvre de

premier ordre. L'original provenait dit-on, du château du Verger (Maine-et- Loire) : le catalogue du Musée Saint-Jean précise même en désignant le couvent de Sainte-Croix, près du château du Verger '.

Le somptueux château du Verger, bâti à la fin du xv'' siècle pour Pierre

\. La difféi'oncc flagrante qui se marque entre cette œuvre-ci et la sainte Catherine de Cléré que nous avons étudiée précédemnaent (cf. chap. VIII, \>. 327) prouve tout le progrès accompli dans l'espace de 10 ou 15 ans, ou toute la distaiicc qui sépare, si les deux morceaux sont plus rapprochés l'un de l'autre, un imagier modeste, plus attaché aux formules du passé, d'un maître véritable et discrètement novateur.

2. Catal. Godart Faultrier, p. 465, n" 2731. D'après ce même catalogue, cet objet aurait appartenu, dans la première moitié de ce siècle, à M. Beauvois, apiculteur. La famille ignore actuellement ce qu'est devenu l'objet, et M. Aug. Michel, conservateur actuel du Musée, n'a pu nous fournir aucun autre renseignement à cet égard.

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de Rolian, riiaréchal de Gyé, pouvait, nous l'avons vu, rivaliser avec le château de Blois lui-même Il n'en reste plus aujourd'hui que des douves admirables, quelques tourelles d'enceinte et des bâtiments secondaires. Quant au prieuré de Sainte-Croix, il avait été fondé tout auprès du château, en 1493, et possédait une chapelle magnifique, ornée de statues et de vitraux : ce n'est plus également aujourd'hui qu'une ruine enclavée dans un domaine rural ^.

Il y avait dans le chœur de cette chapelle Sainle-Croix du Verger un tombeau que le maréchal s'était fait préparer à lui-même avant sa mort (entre 1494 et 1513 par conséquent) et qui comportait , d'après des témoignages anciens, « sa ressemblance en albâtre » ^. Il est très probable que la statue gisante ou priante était accompagnée de quelques angelots, et la tête dont il s'agit ici est sans doute un fragment de l'un d'eux.

Tcte d'anj^e provenani de la chapelle du \'erger. (Moulage.)

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