Cf. de Maulde, Pierre de Rohan, maréchal de Gié, p
Il est entré récemment au Musée Saint-Jean, à Angers, un fragment en marbre tendre, très effrité et rongé par la pluie, que l'on dit venir de la chapelle du Verger : c'est le buste, presque informe malheureusement, d'une statue funéraire d'homme gisant en armure. C'est jjrobablement là aussi un fragment du monument funéraire du maréchal K
Si vraiment la tête d'angelot provient de ce tombeau, bien que nous n'ayions pas de texte nous révélant le nom de son auteur, l'attribution du monument à Michel Colombe ou à son atelier s'imposerait presque, tant le style de cette figure paraît conforme au caractère des angelots du mausolée de François II, de celui surtout qui se trouve à côté du duc et dont les cheveux sont partagés en deux grandes masses retombant de chaque côté de la figure. Cette attribution n'aurait du reste rien d'impossible ; car le grand sculpteur tourangeau alors dans le plein éclat de sa renommée, était certainement connu en Anjou; l'invitation que nous lui avons vu adresser par Louis du Bellay, abbé de Saint- Florent de Saumur en est une preuve
La tête d'angelot que nous possédons est d'une douceur et d'une suavité exquise ; le parti pris que nous observons dans le galbe général du visage, dans la forme des yeux, du nez et de la bouche, dans celle du grand front bombé et des masses de cheveux encadi^ant le visage la rapprochent quelque peu de ces figures que nous avons rencontrées vers la fin du xv*^ siècle dans le Bourbonnais. Mais elle nous fait penser surtout aux plus délicates des productions de l'école'de Colombe, plus raffinées peut-être même que cellesdu maître, à la A ierge d'Olivet par exemple, que nous allons analyser tout à l'heure.
Vierge de L;i Carie.
Il eût été assez naturel que le maréchal de Gyé s'adressât aux ateliers de sculpture de Tours pour embellir son château ou sa chapelle du Verger. Il l'était encore bien davantage que le financier Jacques de Beaime fît travailler les artistes ses compatriotes. Celui-ci était en effet sorti d'une de ces grandes familles de bourgeoisie tourangelle comme les Briçonnet, les Poncher, les Berthelot, les Buzé, etc. Il était fils de ce ,/erm de Beaune, négociant et
1. M. Céleslin Port, clans son Dictionnaire historique de Mnine-el-Loire (III, p. 686), parle cependant d'une statue de porphyre couchée en habit de guerre, sur un socle de marbre noir. Elle n'aurait été vendue et dépecée qu'en 1820 ; mais l'indication de cette matière très surprenante en elle-même est contredite par les témoignages rapportés ci-dessus.
Le recueil de Gaignières nous montre justement un dessin du tombeau du maréchal ( Pe 2, fol. 24), qui comprend une statue gisante de marljre blanc ou d'albâtre sur une dalle de marbre noir et accompagnée de deux petits angelots agenouillés. Le tombeau de Françoisde Rohan, archevècjue de Rouen (f 1536), dans la même chapelle, comprenait, d'après Gaignières ( Oa 15, fol. 108), une figure à genoux sans angelot.