Cf. plus haut, chap. IX, p
l'atelier de MICHEL COLOMRE
marchand drapier, qui avait été maire de Tours en 1471 '. Protégé par Anne de Bretagne et arrivé, vers la fin du règne de Louis XII, à une fortune extraordinaire, il était tout naturel aussi qu'il suivît l'exemple de la reine Anne sa protectrice, qui venait de témoigner sa faveur à ces artistes par la commande du tombeau de Nantes.
De fait, nous savons que c'est Guillaume Besnouard, architecte tourangeau, qui avait construit ou agrandi l'hôtel de Beaune à Tours, que c'est aux François qu'avait été commandée l'exécution de cette fontaine de Beaune dont le financier fît tous les frais ^.
Celui-ci était, depuis la fin du xv° siècle, seigneur de La Carte, aux portes de Tours ^. En 1499, des lettres patentes de Louis XII érigèrent sa terre en chàtellenie, et c'est là qu'il se fit construire, après 1499, une maison de campagne somptueuse, qu'il abandonna plus tard, après 1515, lorsque, à l'apogée de sa fortune, il eut été gratifié par Louise de Savoie de la terre de Semblançay ^.
La chapelle seule du château de La Carte subsiste aujourd'hui, le reste ayant été reconstruit depuis la Révolution. Elle était, il y a peu de temps encore, ornée de très beaux vitraux représentant V Adoration des Bergers et Y Adoration des Mages, avec les portraits du financier et de sa femme, Jeanne de Iluzé, en donateurs''. Elle possédait aussi une statuette de A^ierge qui nous intéresse particulièrement.
Cette petite Vierge, qui figurait jadis au portail de la chapelle de La Carte, au milieu d'un de ces tympans à jour que nous avons décrits plus haut, et qui se trouve aujourd'hui à l'intérieur de la chapelle, date donc très vraisemblablement des premières années du xvi^ siècle, entre 1499 et 1515. Elle a été commandée par Jacques de Beaune, et nous croyons pouvoir affirmer, d'après son style, que c'est à l'atelier de Michel Colombe'^.