‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 249 sur 305 · Cf. plus haut, chap. VI, p · texte numérisé non relu

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il n'en faut pas moins considérer, selon nous, toute la partie supérieure comme française de conception et d'exécution. Nous n'irons pas jusqu'à l'opinion de ceux qui affirment que nous avons là une œuvre de Michel Colombe ' luimême. Mais c'est pour nous une œuvre très honorable, exécutée par Regnault ou par quelque autre artiste moins important, où l'on retrouve une bonne partie des habitudes de style communes à tout l'atelier.

Tombeau des Poncher.

Nous arrivons maintenant à line œuvre dont l'attribution à Guillaume Regnault ne saurait faire aucun doute : c'est le tombeau des Poncher. Nous avons déjà indiqué, en réunissant plus haut les quelques renseignements biographiques que nous possédons sur cet artiste, comment il s'était, en 1523, associé avec Guillaume Chaleveau pour exécuter ce tombeau. La chapelle où devait figurer l'œuvre des maîtres de Tours avait été édifiée à Saint-Germainl'Auxerrois', entre 1504 et 1505, pour les deux frères Poncher, tourangeaux d'origine, Louis, trésorier de France à la charge de langue d'oïl, et Etienne, évêque de Paris. Après la mort de Louis (1521), et de sa femme Roberte Legendre, c'est Etienne Poncher, devenu archevêque de Sens, qui leur fit élever ce monument.

Regnault, très âgé à ce moment, agit probablement comme jadis Michel Colombe lui-même, exécutant à Tours les morceaux principaux et les expédiant ensuite pour être mis en place à Paris. Si quelqu'un des deux associés fit le voyage de Paris, pour régler les détails de l'installation de l'œuvre, ce fut probablement Chaleveau que nous avons vu signer un marché avec des marbriers de Paris pour la fourniture de la dalle funéraire ^, et c'est à lui sans doute qu'il faut faire honneur de la direction architecturale et peut-être de la décoration du tombeau.

Cette décoration est de style « antique », comme on disait alors, mais il nous semble peu probable qu'elle soit sortie de mains italiennes. Les ornements n'en sont pas comme des hors-d'œuvre, exécutés sans souci de l'ensemble, par des praticiens quelconques, ce ne sont pas non plus de simples reproductions alourdies des formules d'atelier courantes et banales : le détail nous paraît en présenter beaucoup d'élégance originale, de sobriété, de pureté,

1. Giraudet, Artistes 'tourangeaux, p. 83-84. — Abbé Bossebœuf, U archevêché et la cathédrale de Tours.

2. D'après des textes publiés par Troche, Ann. archéol., XII, 332.

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