Cf. abbé Bossebœuf, Ainboise, p. 313, fig
5. Ceux qui se voient dans les lucarnes actuelles sont des réfections, mais les sculptures originales à peine effritées peuvent se voir dans une salle du rez-de-chaussée du château.
P. ViiKY. — Michel Colombe et Ui sculpture française.
marmousets, les hommes sauvages et velus', les animaux chimériques et grotesques. Dans une maison de la rue Bi'e/onneau, c'est un fou aux prises avec un tonneau, sculpture joviale et pittoresque. Il en est de même à Blois, dans les fragments conservés sous la galerie du château et à l'hôtel d'Alluï/e, sur la façade la plus ancienne, où, parmi plusieurs types populaires, on aperçoit une bonne femme qui dit son chapelet.
Les maisons en bois s'agrémentent aussi de sujets analogues, mêlés à des images de saints ou à des enseignes comme à Châfeau-Gontier, à Charlres^ à
lîomorantin' , à Angers (maison d'Adam), à Blois, à Luynes-'^ à Tours même, près de Notre- Dame-la-Riche, ou au coin de la rue du Grand -Marché et de la rue du Change.
Mais les séries les plus caractéristiques qui subsistent de ces décorations grotesques sont celles qui ornent l'intérieur des deux grosses tours du château d'Amhoise et la façade du château de Blois. Elles sont légèrement postérieures à la date de 1495, mais tellement conformes au pur esprit gothique du xv^ que nous ne saurions les étudier ailleurs qu'à cette place.
La tour Hurtault et la tour des Minimes furent élevées à Amboise sous Charles VIII ^ pour donner accès au château. On donne la date de 1495 pour le commencement de la première, la seconde n'aurait été achevée que sous François P"". La conception générale des deux édifices est bien encore conforme à la tradition gothique : dans les deux tours, les voûtes à nervures flamboyantes s'élèvent en spirale autour d'un noyau central plus ou moins évidé ; mais la décoration n'en est pas conçue tout à fait dans le même esprit des deux côtés.
1. Ce thème de l'homme sauvage a servi aussi à illustrer de nomhrcuses gargouilles. Nous le trouvons également sur la margelle du puits du Manoir du Sauvage (près d'Amboise), transportée au Musée de Clunj*. Cf. Bull. Soc. archâol. Tour., XII, p. 187-8.
2. Cf. L. Scribe, Rcun. des Soc. des B.-A. des dép., 1892, p. 512.