‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 67 sur 305 · APRÈS · texte numérisé non relu

APRÈS

Nanles, et de Montrésor', les figurines seront encore d'esprit et d'exécution sensiblement plus françaises; bien que plus récentes elles seront loin de nous offrir ces caractères de tension, de dramatique, d'alFectation, qui sont inhérents aux œuvres de style italien, et n'apparaîtront guère chez nous que vers 1530 ou 1540,

Marbres de Gaillon.

Après le roi, le premier ministre, cela est dans l'ordre des choses. Dès 1504, George d'x\mboise, archevêque de Rouen, négociait avec un certain marquis de Massa, propriétaire de carrières de marbre de Carrare, afin d'obtenir des matériaux « construi faciendi causa in hac urbe, qua?dain opéra marmorea ' ».

Il arriva même souvent au cardinal de faire travailler dans le pays même les marbres achetés par lui. Nous savons en effet que le sculpteur Pnce Gazino avait sur le port de Gênes une sorte d'atelier, une « baracca »> où il travailla dix-huit mois pour le compte du cardinal ; celui-ci le fît dispenser pendant ce temps d'en payer le loyer à la ville. La mention de cette exemption est de 1508^ et c'est effeclivement vers cette date que les travaux de Gaillon furent menés avec la plus grande activité.

Qu'était-ce que ces travaux de Pace Gazino? Il est probable que nous devons en avoir au moins des fragments dans ces morceaux décoratifs en marbre recueillis par Lenoiret dont une grande partie se trouve aujourd'hui au Musée du Louvre. Ce sont des bas- reliefs représentant des mufles de lion avec des cornes d'abondance^, des pilastres très finement ciselés, ornés d'élégants rinceaux, de trophées d'armes antiques, de grotesques, etc., toutes sortes de thèmes nouveaux que les imagiers normands, dont nous avons les noms dans les comptes publiés par Deville, un Pierre Delorme par exemple, allaient s'empresser d'imiter dans la pierre de leur pays^, et dont ils ne pouvaient

1. Nous ne pouvons malheureusement juger de celui de Montmorency.

2. On ne peut fixer la date exacte du tombeau de Montrésor. Mais il est au moins des environs de 1520, tandis que les apôtres de Nantes sont antérieurs à 1507. Cf. plus loin, chap. X et XII.

3. Alizeri, IV, 306-307. L'auteur italien le désigne sous le nom de Cardinal di Bohano, c'est de Rouen qxï'û faut lire: le texte latin porte cardinal Rothomagensis. Bien que la ville mentionnée dans le texte ci-dessus paraisse évidemment être celle de Rouen, il est plus que probable que c'est des travaux de Gaillon qu'il s'agit ici.

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