Cf. plus loin chap. XI
2. Nous constaterons justement, quand nous étudierons ce monument, que Jean Perréal, qui en conçut le plan, avait sûrement emprunté ce thème aux Italiens, comme du reste celui des apôtres ; nous l'avons déjà indiqué à propos du tombeau des ducs d'Orléans.
3. Paganino étant qualifié de peintre et enlumineur, dans les comptes français, on pourrait supposer que, comme Perréal à Nantes, il n'aurait donné que le plan et le dessin général du monument. Mais nous savons aussi que, malgré ce titre, il était essentiellement sculpteur. Il est donc très probable qu'il avait modelé la figure lui-même. Ce que nous entrevoyons du style de celle-ci dans les dessins anciens ne contredit aucunement celte airirmation.
4. Il est très peu probable en effet que Charles VIII, mort si prématurément, ait songé luimême à se commander un tombeau. Celui-ci ne fut vraisemblablement commencé qu'après 1498.
qui écrivit, à propos de la statue du roi, une éjjigramme latine où il interpelle expressément son auteur, sous le nom de Paganine^ .
Quelle était cette statue? Sans aucun doute, celle de la porte d'entrée où le roi était représenté à cheval, en costume de chasseur, statue aujourd'hui détruite et remplacée par une .
œuvre de Seurre. D'après un dessin ancien conservé à la Bibliotlièque Nationale -, le cheval devait être robuste et sans élégance ; la figure du roi était beaucoup plus courte, plus laide, plus réaliste , et probablement plus vraie que dans la fade restitution de Seurre. Le roi avait le mortier sur la tête, non la couronne ; il était vêtu d'une tunique à gros plis réguliers, qui rappelait tout à fait le harnachement du saint Hubert d'Amboise^. C'était sans doute un portrait très poussé , comme savait en faire Mazzoni.
Une seconde épigramme du même auteur mentionne encore une statue de Louis XII et traite cette fois l'artiste qui l'a exécutée de Phidins. Montaiglon suppose qu'il s'agit ici d'une seconde statue du même Mazzoni, placée dans quelque autre endroit du château. N'étant pas renseigné par ailleurs sur celte seconde œuvre, nous supposerions plutôt que la verve du faiseur d'épigrammes ne s'était pas bornée à une seule pièce pour une statue unique. Un autre quatrain cité par Félibien fut composé par Faust
1. Cf. A. de Montaiglon, Sur deux statues de Louis XII, par le sculpteur inodénais Guido Parjanino. Arch. art fr., 2« série, II, 219-228.
2. Cabinet des Estampes, Toporjraphie de la France : Blois. — La Saussaye en avait publié un autre dessin emprunté à un manuscrit de Félibien. Cf. Ilist. de Blois, 1840, pl. IV, et Félibien, Mémoires pour servir à Vhisloire des maisons royales, p. 10.