‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 8 sur 305 · Une nef latérale a été ajoutée de nos jours · texte numérisé non relu

Une nef latérale a été ajoutée de nos jours

4. Cf. Ch. de Grandmaison, Tours archéologique, p. 14G et suiv., et Chalmel, loc. cit.

charmante église, celle de Sainl-Cyr, qui nous offre un spécimen, très complet et très pur, de rarcliileclure courante de cette époque, avec son petit porche latéral, sa nef et son chœur peu élevés, aux voûtes élégantes et simples, ses transepts très larges et ses fenêtres claires ^

A Amhoise^ avant la petite chapelle Snint-IIuhert ^ toute gothique encore bien que contemporaine des guerres d'Italie, c'est l'église Saint-Florentin du château, refaite après un incendie en 1445, puis Saint-Florentin de la ville, qui subsiste encore, et qui est de proportions exquises; celle-ci fut bâtie après 1465, lorsque Louis XI ne voulant plus laisser pénétrer les bourgeois dans l'enceinte du château, même pour aller à la messe, leur accorda une crue sur le sel vendu dans les greniers du royaume pour les frais de leur nouvelle église ~. L'église romane de Snint-Denis-Hors vit aussi plusieurs chapelles s'ajouter à son chevet, ainsi qu'une grande fenêtre flamboyante au-dessus de son maître-autel.

A Loches, à la collégiale Saint-Ours^ les additions sont moins importantes. Mais à Beaulieu, l'église de Foulques Nerra s'enrichit d'un chœur admirable, élégant et svelte, qui s'élève aujourd'hui encore au milieu des murailles romanes ruinées parles Anglais''.

L'un des plus jolis édifices religieux qui se soient bâtis au xv*^ siècle en Touraine, c'est la chapelle de Sainte-Catherine-de-Fierbois'^, sur le plateau dénudé que traverse la route de Tours à Poitiers. Elle fut commencée après 1431, par Charles VU, sur l'emplacement de la chapelle où Jeanne d'Arc était venue chercher l'épée de sainte Catherine. Mais l'édifice ne fut achevé qu'à la fin du siècle

Non loin de là on rencontre, dans la riante vallée de la Vienne, une série d'églises de la même époque, avec tous les charmes et toute l'élégance du style qui lui est propre. Ce sont celles àe Nouâlre^, de Marcilly-sur-Vienne'' , très simples, sans ])as-côtés, mais complètes et d'un seul jet, celle de Saint-

1. V.(. Lhuillier, Moniujrnphie de ['''i/liso de Sainl-Cj/r, Bull, de la Soc. archéol. de Touraine, VII, 130.

2. Cf. Jarry, Béitnion des Soc. des B.-A. des dcp., 1888, p. 86, el abbé Bossebeuf, Amboise, le château, la ville el le canlon, p. lio.

3. Les voûtes du transe[)t et delà partie subsistante de la nef furent aussi refaites, et des décorations de style nouveau taillées à même les robustes piliers romans.

4. Guérin, Notice sur Sniiite-Catherine-dc-FierIjois , Mémoires de la Soc. archéol. de Touraine, V, 55; abbé Fourault, Sainte-Catherinc-dc-Ficrhois et ses monumenls, Tours, 1887.

5. Elle a été restaurée en 1853, en même temps que Ton rebâtissait complètement le cbâteau voisin de Comacre.

6. Construite par Jean du Fou, avant 1483. Cf. Dictionnaire de Carré de Busserollc et A. Salmon, Méni. de la Soc. archéol. Tour., 1875, p. 125.

7. Cette éj^lise, (]ui date de la deuxième moitié du xv<= siècle, renfermait la chapelle funéraire de la famille de la Jaille (cf. Méni. de la Soc. archéol. Tour., 1875, p. 125 ).

VITALITÉ DE l'aKT FRANÇAIS A LA FIN DU XV^ SIÈCLE

Epain^ où, autour d'un noyau roman, sont venues se grouper toutes sortes cradjonclions, transept et bas-côtés magnifiques, amplifiant singulièrement la construction primitive. A ï Isle-Bouchnrd^ Téglise Saint-Maurice présente, sur un cliœur du xiii'-', une nef et un clocher de la fin du xv° siècle, Téalise Saint-Gilles, un chœur du xv° sur une nef romane. Mais le clocher de Saint- Maurice surtout, dont on peut rapprocher celui de Bois-Auhry \ est un morceau important et significatif. Un peu plus loin, à Châtelleraut, Féglise

Clichr <les Mi,n. Iiiat.

Saintc-Calhei'inc-cle-Fiei'l)ois. — Inlcrieur de 1 église.

Saint-Jean-Baptiste, consacrée en 1459, avec ses trois nefs et ses chapelles, est encore exactement conçue dans le même esprit.

Il en est absolument de même dans d'autres régions de la Touraine : autour d'Amboise, une série de petites églises de village à peu près contemporaines, échelonnées le long de la Loire ou de ses affluents, nous montrent ractivité de construction qui règne dans ce pays ; on relève, on agrandit les édifices romans détruits, branlants ou insuffisants. Ainsi à Pocé, à Saint-Ouen, à Reugny, à Nazelles, à Vernou ^, à Noizay ^ surtout, dont Féglise est une des plus élégantes que nous ayons rencontrées ; à Dierre'', sur une nef du xii*-', on

1. Cf. abbé Bossebeuf, Bull, de la Soc. archéol. Tour., XII, 246.

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