Louis Dimier, le Primatice, p
coup d'œil jeté sur ses richesses architecturales peut nous faire entrevoir au milieu de quel art très actif, très brillant et très français, non pas épuisé et attendant impatiemment quelque révélation étrangère, allait grandir l'école de sculpture des bords de la Loire
A Toutes même, la grande entreprise architecturale du xv"^ siècle, c'est
l'achèvement de la culhéi .1. l- clrnle. Presque toute la
façade occidentale date de la seconde moitié du siècle. Vers 1440, la grande nef venait d'être achevée par l'évêque Philippe de Coëlquis, et le triple portail commencé, ainsi que les deux tours-. En 1473, on élève le jubé ; en 1486-88, on achète de la pierre pour faire les statues du ])orche Les tours, menées presque jusqu'à leur hauteur normale, ne devaient être terminées qu'au siècle suivant, et dans un esprit fort différent, par les successeurs de Jean Papin, le principal mai Ire de l'œuvre du xv*^ siècle. Mais jusqu'à la fin du xv^ siècle, c'est le pur style gothique qui se continue, plus élancé, plus nerveux, un peu plus maigre peut-être, avec des effets moins robustes et moins amples, mais avec une fécondité de ressources, une grâce dans le décor tout à fait remarquable ; ce décor, du reste, était dans le détail sensi-
Tours.
ClifJii' Morraii.
Façade occidentale de la cathédrale.
1. En face de ^acli^ ilé déployée en lous sens, en face des nmvres réalisées, il nous paraît singulièrement injuste de dire ici, comme l'a fait par exemple M. de Grandmaison, que le <' gothique dégénéré allait se mourant en des tentatives impuissantes ». [Documents inédits pour servir à l'histoire des Arts en Tournine, p. xix. )
2. Ch. de Grandmaison, Tours archéologique, p. 139, 140 et suiv.
3. Ihid. D'après un document des Archives d'Indre-et-Loire (G lb7).
VITALITÉ DE l'aRT FRANÇAIS A LA FIN DU XV*^ SIÈCLE
Celle-ci avait été construite grâce aux
blement différent de celui de l'époque précédente, et nous aurons lout à l'heure à revenir sur ses qualités particulières.
Bien d'autres églises s'élèvent à Tours vers le même temps et dans le même esprit : l'église S ai ni -Clément^ (aujourd'hui démolie), que fait réédifier Jean Briconnet, premier maire de Tours, en 1462; l'église Nofre- Dame-Li-Riche-, que Jean Fouquet décore de peintures admirables, dit-on, (très refaite aujourd'hui et privée de sa décoration peinte); l'église des Carmes (actuellement Saint-Saturnin libéralités de Louis XI :
c'était une grande église monastique, à une seule nef'', faite pour contenir une importante communauté dans une façon de grande salle très claire, plutôt qu'une foule grouillante, entassée dans des bas-côtés multiples. On pourrait encore citer quantité d'églises qui ont disparu , comme Saint- Etienne (terminée en 1488), Saint- Pierre -
clu-Boille, Saint-Pierre-du-Chardonnet ^ les chapelles Saint-Eloi (vers le milieu du siècle), Saint-Sébastien (vers 1481), Saint-Nicolas-du-Trésor^ (1494), etc.
De nombreux édifices religieux se complètent, comme l'église de l'abbaye de Saint-Martin, dont le chœur est allongé, et où l'on construit un jubé, comme Saint-Pierre-des-Corps et Sainte-Croix, où les Berthelot se font construire une chapelle.
Si nous sortons de Tours, nous rencontrons aux portes de la ville une
Clii h.' Boiisrcz
Beaulieii-los-Lochcs. — Chd'iir de l'ancienne éaliso al)l3atialc.
1. Cf. Paluslro, Monographie de réglixe Saint-Clément de Tours, et Clialmcl, Histoire de Touraine, III, 303.
2. Le portail avait été refait à neuf dès 1422 ( Grandmaison, Doc. inéd., p. 3). Mais d'api'ès un texte publié par M. C'.élestin Port [Réunion des Soc. des B.-A. des départ., 1883) on devait travailler encore à cette église en 1496, et le maître de l'œuvre était à cotte date un nommé Jean Raschez.