‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 80 sur 305 · Tours archéologique, p · texte numérisé non relu

Tours archéologique, p

LA PÉNÉTRATION ITALIENNE APRÈS 14f5

bien aussi avoir été celle du maître de la maison. La statue est détruite, sauf une tête colossale en pierre peinte, casquée, la visière levée, avec un grand panache surmontant le casque. Le nez, malheureusement, qui nous permettrait de reconnaître Charles \ III à coup sûr, manque complètement. On voit aussi un cavalier de ce genre, mais très mutilé, sur la façade du petit château, de construction gothique, de la Roche du Maine C'était là un motif qui des édifices religieux du moyen âge était passé aux édifices civils : il n'est nullement besoin d'en chercher l'origine dans les statues équestres des condottieri italiens, et c'est par exception sans doute que l'exécution de la statue de Blois fut confiée à l'Italien Guido Mazzoni

Médaillons de Gaillon.

Le tombeau de Charles YIII et la statue équestre de Louis XII ayant disparu, il nous resterait bien peu de morceaux authentiques pour apprécier le talent de Mazzoni et juger des résultats de son activité en France. Nous avons bien encore, il est vrai, les quelques médaillons d'empereurs romains que nous avons déjà mentionnés en parlant des collections italiennes du château de Gaillon'^. L'un de ces médaillons est aujourd'hui au Louvre : c'est un empereur Caldusius^ d'un assez beau caractère, d'un relief très saillant, où le type fortement accusé indique les préoccupations décoratives de l'artiste. Courajod l'avait rapproché avec grande raison de la série de ceux qui décorent les cours de l'Ecole des Beaux-Arts^. Nous avons là très probablement une partie au moins des fausses antiquailles envoyées par Mazzoni au cardinal d'Amboise, mais nous ne pouvons pas dire avec certitude fabriquées par lui.

Ce n'est là en tous cas qu'une production courante et banale. Les ateliers italiens fabriquaient de ces pièces à la douzaine et l'on n'y peut guère retrouver le style ou la personnalité du maître ou de son atelier. Déplus, l'influence

1. Cf. Robuchon, Paysarfes et monuments du Poitou, Notice sur la Roche-du-Maine.

2. Dans le Lot, à Assier, le château, bâti un peu plus tard mais très probablement par des artistes tourangeaux, ofTrail également sur sa façade un cavalier dont il reste la tête et qui n'est certainement ni un François P'', comme on l'avait dit, ni un Galiot de Genouillac, mais sûrement un homme du premier quart du xvi" siècle.

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