Ils ont environ 0™ GO de hauteur et 0°> 23 de côté
5. Un des morceaux complets avec quelques fragments ont été donnés au Musée de la Société archéologique de Tours. Le reste se trouve encore chez M. Pathault, dans la propriété duquel l'ensemble fut découvert. M. l'abbé Bossebœuf leur a assigné récemment une origine très illustre. {Bull. Soc. arch. Tour., XII, 18G.) Ce ne serait rien moins suivant lui que les macpiettes de la décoration exécutée par les Juste, pour le tombeau de Louis XII à Saint-Denis. De fait, l'un des Juste eut un moment son atelier à Amboise vers 1510. (Cf. Montaiglon, La famille des Juste; et Giraudet, Art. tourang., 232.) Mais les fragments d'Amboise ne ressemblent que de très loin aux sculptures ornementales, délicates et fines, du tombeau de Saint-Denis : ils sont même d'un style assez différent. II n'y a de plus aucune raison d'introduire cette idée de maquette pour des ornements qui étaient sans doute d'ordinaire taillés directement dans le marbre par les praticiens
Parmi les ornemenls de ces pilastres, on remarque plusieurs paquets de feuilles et de fruits qui ressemblent un peu aux décorations habituelles aux délia Robbia. On y voit de plus des casques, des boucliers, des cuirasses à Tantique formant trophée avec des haches ou des carquois, un cartouche suspendu par des rubans avec rinscription spqr, enfin on y remarque surtout un grand vase décoratif ou pied de candélabre que Ton rencontre très fréquemment dans les compositions d'arabesques italiennes de la fin du xv° siècle, et qui fait penser aussi au motif principal sculpté en 1496 sur les pilastres encadrant la Mise au tombeau de Solesmes.
La matière elle-même, la terre cuite, assez rare en France jusqu'à cette époque , courante au contraire dans les ateliers italiens et surtout milanais, contribue à nous assurer du caractère exotique de ces morceaux. Ils ont dû, selon
nous, être exécutés à Amboise
même pour la décoration de
quelque monument disparu dans
le château ou ailleurs, et, bien
entendu, par des Italiens, par
notre Pacherot ou par quelque
autre artiste son compatriote.
Nous pouvons même rapprocher
de la présence de ces terres cuites
décoratives à Amboise, la mention retrouvée par Benjamin Fillon ^ dans une
lettre écrite à Octavien de Saint-Gelais, évêque d'Angoulême, entre 1494 et
1502, de sept plats commandés à « Jérôme Solobrin, le polhyer d' Amboise »,
qui était peut-être parent d'un céramiste italien assez connu, Léocadius
Solobrinus de Forli ~. Quoi qu'il en soit, que le modèle de ces pilastres soit
italiens ou leurs imitateurs. Ce sont ici des productions de même ordre, très courantes, italiennes assurément d'après leur décoration très sobre et de caractère très classique, mais peut-èlre légèrement antérieures à l'arrivée des Juste en France. Cf. P. Vitry, Bull. Soc. antiq. de France, 1900, p. 120-125.