‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 92 sur 305 · Cf. Chalmel, ouv. cit., IV · texte numérisé non relu

Cf. Chalmel, ouv. cit., IV

2. Cf. A. Juteau, Monographie de l'église des Minimes, Bull. S. A. T., t. IV (1879), le bénitier n'y est pas mentionné.

3. Il n'est pas daté, il est vrai, et cette chapelle ne fut fondée qu'en 1626. Mais il peut très bien avoir été apporté de la maison mère du Plessis-lès-Tours , enrichie au xvi'^ siècle d'œuvres de toute nature. Il avait peut-être' même été cassé dans le transport, et c'est alors qu'on l'aurait consolidé à l'aide des ferronneries de style Louis XIll que l'on y voit encore.

Marnidiitiei". — lirnilicr ilulien. ^Marbre.j

Les fonts baptismaux de Téglise de Sainl-Cyr, aux portes de Tours, rentrent aussi dans cette catégorie. Le marbre blanc en est de qualité identique, et la forme générale très analogue ; mais ils sont beaucoup plus simples, et le seul motif de décoration que l'on y trouve est celui des deux grandes feuilles entourant le fût.

A Tours même, les fonts baptismaux de la cathédrale consistent en une grande vasque de marbre de diamètre beaucoup plus considérable que les petites coupes précédentes. Cette vasque est supportée par im pied décoré de la même façon que ceux que nous venons de citer, mais exécuté avec plus de soin'. On trouve, sur l'extérieur de la coupe, l'ornementation en écailles que nous avons déjà remarquée sur le bénitier de la chapelle du Lycée de Tours et aussi sur l'une des vasques de Gaillon, avec les oves, les rais-de-cœur et la série monotone de ces petites fleurettes régulièrement répétées qui constituent un des motifs les plus fréquents de l'ornementation italienne.

Le bénitier provenant de Marmoutier et qui se voit dans la petite église de Sainle-Radegonde ^ aux portes de l'ancien monastère, porte une date relativement tardive (1522) ; mais il appartient bien encore au même atelier : le style en est même d'une note italienne beaucoup plus caractérisée. La base est quadrangulaire , le fût très soigné est décoré de feuillages imbriqués. Quant à l'extérieur de la coupe, deux petits génies nus volants y soutiennent un écusson aux armes de l'abbé de Marmoutier, Mathieu Gautier : ils rappellent par leur dessin très libre, et leur modelé très gras, le faire des sculpteurs du quattrocento. C'est un style du reste qui, à cette date, avait disparu depuis longtemps en Italie, et que jamais d'autre part nos sculpteurs français qui l'imitèrent ne purent atteindre complètement^.

1. M. l'abbé Bossebœuf [Amboise , 84) a cru pouvoir y reconnaître les restes d'une fontaine élevée à Tours vers 1560 par le dernier des Juste sur la place Foire-le-Roi. Nous ne croyons pas pour nous pouvoir reculer si tard ce monument et nous pensons que, quelle qu'ait été sa destination première, ce morceau doit rentrer dans la série que nous étudions en ce moment, et appartient au premier quart du xvi" siècle.

2. Sur le piédestal, dans un cartouche opposé à celui qui porte la date, on lit les deux lettres I Est-ce une signature? cela est possible, mais nous croyons tout à fait impossible d'y voir le monogramme de Jean de Chartres comme on l'a proposé. L'auteur de ce monument, étant donné son style, ne saurait être pour nous (ju'un artiste italien. (Cf. Congrès scienlifique de Tours, 1847, II, 194. — Abbé Bossebœuf, Amboise, p. 262-203.) Mathieu Gauthier, abbé de Marmoutier (1512-1537), avait beaucoup embelli l'église de l'abbaye et décoré en particulier la chapelle Sainte- Anne d'où proviendrait, selon l'abbé Chevallier, le bénitier en question. (Cf. Hist. de Marmoutier de Dom Marlène, II, p. 362, not.).

Il existe un bénitier d'un style assez voisin, beaucoup plus élégant encore, dans la chapelle du château à'Ussc. Mais il doit faire partie de la série des œuvres d'art italiennes entrées dans ce siècle dans les colIectioQS de la famille de Blacas.

En dehors de Tours et de ses environs immédiats, nous rencontrons encore des pièces analogues à celles-ci dans le mobilier religieux de certaines églises. A Bourges^ par exemple, où nous savons qu'il s'établit aussi au début du xvi*' siècle , tout un atelier de marbriers italiens , on voit, dans l'église Notre-Dame, deux bénitiers dont l'un surtout est à noter; il est en forme de coupe, du même type que les précédents, et de travail assez soigné; le pied en repose sur une petite base triangulaire de profil très italien ; le fût et l'extérieur de la coupe sont couverts de fleurs de lys^ Sur la doucine du bord de la coupe, on lit :

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