‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 93 sur 305 · NE FERME CHOSE TANT SOIT DURE · texte numérisé non relu

NE FERME CHOSE TANT SOIT DURE

Le second, près de l'entrée de l'église, est en pierre et plus grossier; mais son dessin général, ainsi que la décoration de son pied, formée d'une grande feuille qui constitue, en s'appliquant sur le fût, une sorte de calice, sont tout à fait caractéristiques. Il y en a deux de même style, plus sommaire peut-être encore, à l'église de la Trinité de Vendôme. Nous en trouverions un également à Folleville , dû sans doute à cet atelier italien qui installa le tombeau de Raoul de Lannoy*.

Enfin, nous pouvons encore mentionner un bénitier de marbre de ce type qui se rencontre à Meilhand (Puy-de-Dôme), sur la route d'Issoire à Saint- Nectaire. Il est formé d'une petite coupe à godrons montée sur un pied élégant, mais un peu grêle, et reposant sur une base triangulaire. Sur le rebord extérieur de cette coupe on lit la signature : jehan de la barda mdxii. Est-ce un nom d'auteur? Nous ne saurions le dire. Mais l'origine de l'œuvre, étant donné son caractère, est à coup sûr italienne.

Des bénitiers italiens en marbre, nous passons naturellement aux fontaines de même matière dont le style et le décor, dans cet art déjà classique, ne diffèrent nullement des précédents. Le luxe des fontaines n'était certes pas inconnu aux gens du xv^ siècle, mais nous avons là un exemple des résultats immédiats obtenus par la propagande italienne : dès les premières aimées du xvi*^ siècle, on abandonne le type de la fontaine gothique pour adopter celui qu'avaient créé les décorateurs italiens du quattrocento d'après les principes classiques. Donatello en avait donné un des premiers modèles dans sa fontaine exécutée pour les Médicis à la V illa di Castello ^ Il y en a plusieurs

1. Il provient de l'église du couvent de l'Annonciade où vécut Jeanne de France, première femme de Louis XII, après sa séparation.

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