I. Diodorc de Sicile, liv. 1"', p. lOi et suivantes
formes de justice criminelle ou morale, étaient l'œuvre respectée des siècles ; les égyptiens se glorifiaient d'invoquer des institutions que leur chronologie particulière illustrait d'une longévité sans rivale. Mnevès, Sazychès, Sésostris, législateurs de la justice criminelle, se succédant à des intervalles immenses, avaient également promulgué ou respecté ces procédures libérales.
Je n'ai pas,' un seul instant, l'ambition de ranimer, par mon étude, des époques aussi éloignées ; c'est bien plutôt, avec terreur, que je prolonge ma pensée jusqu'à ces temps où la vie était encore si jeune sur la terre. Homme d'un jour, comment n'être pas saisi d'un religieux eftroi, à méditer quatre ou cinq mille années ! quelle facilité pour errer, quelle difficulté pour discerner, aux lueurs si souvent interceptées de la science , l'ancien état des choses disparues ! Plus que personne , sans
dou te, j'ai le droit d'appréhender que les prêtres d'Egypte , m'entendant interprêter, pour mon siècle, les idées des temps où ils vécurent , ne m'appliquent le mot qu'ils adressèrent à Solon et à ses compagnons, lorsque ces visiteurs discouraient aux bords du Nil , des antiquités égyptiennes, dans leurs rapports avec le monde alors moderne :
« 0 athéniens, vous n'êtes que des enfants.» Mais autant que personne j'ai le respectueux désir de rechercher, sinon la généalogie rigoureuse de nos lois criminelles, au moins les points communs qui les relient, comme lois d'esprit général, au fonds commun des besoins de l'humanité.
Il m'a semblé que la vieille et sage Egypte devait surtout être consultée 'dans ce but.