id. p. ICI
son procès t.» Les juges jurés portaient la robe blanche2.
A tel point les sages de l'Egypte redoutaient, dans leurs recherches du vrai , les entraînements de l'éloquence, les grâces persuasives, les larmes réelles ou feintes des plaideurs, les sophismes de la rhétorique, qu'ils n'admettaient rien au-delà de cette procédure simple. Sauf quelques nuances, c'était l'Aréopage que l'égyptien Cécrops devait un jour instituer à Athènes 3.
Mais si pour juger les vivants nous trouvons déjà dans ces temps reculés, le germe ou le principe du jury, combien la base s'élargit, l'institution prend des proportions populaires, lorsqu'il s'agit du jugement des morts. Faut-il
t. Diodore de Sicile XXVI, p. 103, t. I.
2. On ouvrait devant eux le Code trimegiste. (Diodore, id. p. 162.
3. Cécrops, de Saïs en Egypte, aurait abordé en Grèce, avec une colonie, vers l'an 1645 avant Jésus -Christ, et fondé la ville d'Athènes où il aurait constitué l'Aréopage.
18 DU JURY EN 3IAT1ÈKE CRIMINELLE.
nous arrêter, par la pensée, devant ces somptueuses demeures que la piété et la fierté de ce grand peuple élevaient à la mémoire de ses rois? L'entrée des caveaux est ouverte, et le cercueil royal attend; conformément aux lois écrites (yPomroïs), on tient une audience publique pour recevoir, de la cité toute entière, les accusations et les plaintes qu'elle peut avoir à formuler. Un orateur de la classe des prêtres est le défenseur du roi , en présence d'une accusation libre. Si le mal l'emporte sur le bien, l'auguste accusé n'entrera pas dans le tombeau de ses ancêtres et, de par le \erdict du peuple, sera privé de cette sépulture honorable, aspiration suprême de sa vie *.
Même règle et même justice, sous une forme plus restreinte, quand il s'agit de prononcer l'arrêt d'honneur ou d'infamie concernant un simple citoyen.