Diodore de Sicile, lh. 1er, seet. II, p
Au moment où le corps doit être inhumé, lorsque imprégné de parfums, couvert de bandelettes, il est prêt à prendre sa place dans les cryptes sacrées, on va prévenir le Juge, les parents, les amis du défunt et tous ceux qui l'ont connu ; cette invitation se fait en exprimant son nom et en indiquant qu il va passer le lac. Aussitôt quarante jurés, non compris le juge ou président, s'assemblent et siègent sur un hémicycle placé à l'autre bord du lac; la barque emportera le mort, ou s'en reviendra vide, gouvernée par Caron le nautonnier traditionnel, qui est passé dans la théodicée païenne.1
L'information populaire s'ouvre dans une
1. Diodore nous explique, p. 205, liv. 1er, sect. 11, que le Lac dont parle le crieur funèbre, est le lac d'Aehéruse, près de Memphïs; qu'on terminait là les funérailles de presque tous les Egyptiens, lorsqu'après avoir fait traverser le Nil et le lac à leurs corps, on les déposait dans le* galeries souterraines. L'Egypte ne devait pas, ne pouvait pas, eu égard à de tels usages, être autre chose qu'une longue et étroite limite cultivée, longeant le Nil. Diodore raconte que le mot Caron, en la langue égyptienne, s'adressait à la fonction du nocher des morts.
absolue liberté ; chacun a le droit d'accuser les actes du défunt ; s'il a mal vécu , il sera privé de sépulture par la décision des quarante ; si la plainte est mensongère ou non prouvée, l'accusateur est responsable et devra être condamné1, ainsi que nous le verrons plus tard se pratiquer dans la Grèce et à Rome, à la fin des débats criminels ayant trait aux actes des vivants ; et en France, du commencement de la monarchie jusqu'à la fin du moyen âge.
Cette publicité dans l'examen d'un intérêt capital en Egypte, cette participation du peuple, soit absolue, soit limitée, ce droit inhérent à chaque citoyen de soutenir l'accusation, voilà des éléments qui, s'ils ne sont pas complets encore , contiennent, en essence, les principes que le temps doit perfectionner, dans la marche de l'humanité.
Et les lois et les règles qui traçaient, au milieu de ce peuple invariable , ces diverses