INTRODUCTION. CXXXVII
» depuis Ivrée, il y a plus de quatre cens » blessés, ce qui ne s'étoit point vu en ce » pays (^). » Turenne et de Castellan avaient hasardé ce siège sans artillerie; ils ont été obligés d'y renoncer; mais leurs blessés prouvent la vivacité de leurs attaques.
Le Tellier écrit à 3Iazarin : « J'enverrai au » premier jour l'état de la dépense de cette » armée... Les travaux de Cressentino ont coûté « douze mille livres, ceux de l'artillerie vingt » mille livres, l'hôpital dans lequel il y a pré- » sentement six cens malades, plus de vingt » mille livres (^).
Un certain nombre de militaires français étaient dans les hôpitaux de l'Etat de Gènes : comment sont-ils arrivés-là? sont-ils entrés sur le territoire de la République pour éviter d'être prisonniers des Espagnols? ou les Génois les tiennent-ils prisonniers sous une forme déguisée? Nous ne pouvons pas répondre à ces questions; mais, ce qu'il y a de certain, c'est que notre séjour en Italie portait ombrage à cet Etat, surtout depuis la prise de Tortone. Le Tellier rend compte à Des Noyers, dans une lettre du 18 mars ir)43, des mauvaises dispositions
(1) Le Tellier à Des Noyers, 9 juin 1641, p. 74.
(2) Le Tellier à Mazarin, 5 s»'ptembre 1642, p. 215.
GXXXVIII INTRODUCTION.
de la République à notre égard; elle venait même d'expulser un Italien, dom Diego Sottomaior, qui y faisait des approvisionnements pour l'armée française ('). Quoi qu'il en soit, voici le passage d'une lettre du roi à Le Tellier, à ce sujet : « Je désire que vous établissiez corres- » pondance avec le sieur d'Amontoi, résidant » pour mon service à Gènes, et que, dès à pré- * sent, vous lui écriviez, afin qu'il fasse instance « pour retirer des liôpitaux de l'Etat de Gènes » les soldats qui ont été contraints d'y chercher « refuge (-). »
Dans notre article suivant, intitulé Sièges, nous verrons toujours figurer les besoins de l'hôpital dans l'énumération des dépenses diverses qui exigent de l'argent comptant.
Habillement. — « Ce n'étoient point d'abord les colonels ni les capitaines qui habillèrent les soldats, lorsqu'il se faisoit un grand armement; le roi obligeoit les villes de son royaume de fournir chacune certain nombre d'habits de soldats, qui consistoient alors en un justc-au-corps de drap de Vire ou de Chdteau-Renard, en bas- déchausses et en souliers.
» Parmi les litres de THôtel de Ville de Paris
(1) Le Tellier à Des Noyer?, 18 maro lb43, p. 307. (i) Lettre du roi à L« Tellier, 29 janvier 1643, p 272,