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)) des officiers. » Il explique qu'un régiment seul ne suffit pas pour la garde d'une place, il en faut mettre un autre. Le régiment d'iiguebonne, qui devrait être de quinze cens hommes, n'en a que trois cent. On lui adjoint le régiment Caderousse ; ces deux régiments réunis ont un effectif de mille hommes et de quatre-vingt-dix officiers (^).
De semblables réformes ne peuvent pas se réaliser d'un jour à l'autre, mais elles n'en font pas moins grand honneur à l'administrateur qui, sans égard pour les traditions et les privilèges du temps, en constate l'importance et en démontre l'évidence avec tant de tact et de simplicité. Pourquoi ceux qui entourent Le Tellier ne voientils pas ces choses comme lui ? C'est que les uns ^ont militaires, élevés dans un miheu auquel ils >ont accoutumés, ils ne s'y arrêtent pas, sollicités peut-être parleurs intérêts-, les autres, par néghgence ou par faiblesse, n'osent pas soulever de si grosses questions. Au contraire. Le Telher, élevé à l'école austère de la magistrature, a appris de bonne heure à voir juste et à condamner ces capitulations de conscience qu'on regrette de trouver trop souvent dans l'armée. La
(1) Le Tellier à Mazarin, 10 juin 16il, p. 75.
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doctrine administrative qu'il expose et pratique est excellente et de tous les temps ; elle convient plus que jamais à notre époque.
Cette exposition si ferme et si nette des vices de l'organisation de l'armée au XVIP siècle, qui ne pouvaient pas être réformés du premier coup ni abordés de front, nous fait bien apprécier la haute valeur de la création de l'intendant d'armée, sans attache aucune avec le militaire ; ses attributions multiples, son influence, quand il est habile, auprès des généraux qui désirent lui être agréables, tout en se tenant sur la réserve avec lui; influence qui le met en relations directes avec le premier ministre et avec le roi luimême, et dont les résultats sont décisifs quand les circonstances viennent à les rapprocher l'un et l'autre. Bonne fortune qui a été le partage de Le Tellier.
Les temps de révolution ou seulement de troubles, comme ceux de la Fronde, ne sont pas ordinairement favorables à des réformes administratives qui exigent beaucoup d'esprit de suite. Comment Le Telher se conduira-t-il dans des circonstances aussi critiques ? Il va avoir à porter double fardeau : du second rang comme administrateur, il arrive de plein saut au premier ; et, en secondant Mazarin, il débutera dans la poli-