LE TELLIER AU CHANCELIER
12 janvier 1642.
Monseigneur, j'ai eu ordre du Roi de faire le procès aux officiers qui servent en cette armée, qui n'ont pas fait passer en Piémont les hommes qu'ils s'étoient obligés de faire pour les recrues de leurs corps, et les juger au conseil de guerre. Je vous envoie les jugemens qui y ont été rendus ; vous les trouverez sans doute moins sévères que ne porte la raison de l'état présent des affaires du roi ; mais je vous supplie trèshumblement. Monseigneur, de ne m'en imputer rien, sinon d'avoir manqué d'industrie pour faire valoir les raisons qui dévoient obliger les juges à plus grande sévérité, et de considérer que ce n'est pas un petit travail que d'avoir persuadé à MM. les maréchaux de camp de faire quelque chose contre ceux qui servent le roi sous leurs charges.
Si ces jugemens-là vous agréent, il est besoin qu'il vous plaise les autoriser par un ordre du roi, afin que les officiers ne puissent être remis en leurs charges ni déchargés des restitutions, ni même purger la contumace, sans la grâce de Sa Majesté.
Je prends la liberté par cette occasion. Monseigneur, de vous renouveler au commencement de cette année les offres de mes services que je vous prie très-humblement de vouloir agréer et de croire que je serai comme je dois, etc....
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