‹ Michel Le TellierChapitre 159 sur 179 · MEMOIRE TOUCHANT LES GARNISONS DE PIEMONT · texte numérisé non relu

MEMOIRE TOUCHANT LES GARNISONS DE PIEMONT

Turin. — Je m'assure que la condition de capitaine d'une garnison de Turin est si ayantageuse pour un liomme de guerre, qu'il n'y en a point qui voulût manquer à amener les hommes qu'il doit , crainte de perdre sa charge.

Carmagnol. — Pour le remplacement des hommes dont le régiment de Castelmoroy est diminué, j'estimerois que les officiers les doivent faire, parce que deux prêts par mois dans Carmagnol , et logés chez le paysan, valent mieux que trois prêts dans Turin à être logés en caserne.

SavUlan. — Le régiment Roquesermère doit trois cent quarante-huit hommes de sa recrue de l'année passée qu'il est juste qu'il fournisse. Et quand ce régiment sera de neuf cens hommes, il sera suffisant pour garder la i)lace qui e^t à présent Lien à couvert par 1 1 prise de Goni.

Qucrasque. — Le régiment de Sauvigny a passé au mois de juillet à six cent qu tre-vingt-sept hommes, à présent il en a trois cent soixante-trois. Quoi qu'il fasse, il ne sera point capable de garder Quérasque. On pourroit obliger les officiers d'augmenter leurs compagnies jusqu'à soixante-quinze hommes, en leur f*)urnissant de quoi; mais la plupart de ces officierslà est si p3tite étoffe, que je ne crois pas qu'on doive attendre ce service-là d'eux.

PROJET d'ordonnance POUR REPRIMER LES EXACTIONS DE l'armée.

Le roi bien informé des exactions que font les gens de guerre de son armée, en la perception de la subsistance qui leur a été ordonnée en Piémont, dont Sa

Majesté désire autant la conservation que des provinces de son royaume , a ordonné au sieur Le Tellier, intendant en ladite armée , de dresser un état de tout ce qui a été payé à chaque corps de cavalerie et infanterie sur les quittances qui seront présentées par les sj'ndics, ou attestation de quatre des principaux habitans des terres chargées de la subsistance des troupes et de l'envoyer promptement à Sa Majesté pour, sur icelle, faire châtier les officiers qui ont contrevenu à ses ordres si sévèrement, qu'ils ne tombent plus à l'avenir en des fautes si préjudiciables à son service.

Et cependant, ce qui se trouvera avoir été reçu par chaque corps outre et par-dessus ce qui lui a été ordonné, lui sera précompté sur ce qui lui devra être psyé à l'avenir pendant le quartier d'hiver, à la décharge desdites terres, ainsi et en la forme qu'il sera arbitré par ledit sieur Le Tellier et à Sa Majesté. Fait défense aux oflîciers et soldats de cavalerie et d'infanterie de ladite armée d'Italie de contrevenir aux ordres portés par l'établissement du quartier d'hiver, et à ceux qui seront faits par ledit sieur Le Tellier pour la déduction de ce qui a été trop reçu, sous quelque prétexte que ce soit, à peine de la vie contre les cavaliers et soldats et de (une ligne en blanc) contre les officiers. Et parce que ceux qui commandent dans les quartiers peuvent empêcher facilement les désordres, lesquels ils favorisent volontiers pour prétexter (dissimuler) leur avarice, Sadite Majesté veut et entend que ceux qui commandent les corps dans les divers quartiers soient punis de ladite peine, pour les exactions qui seront faites par les soldats et officiers qui sont sous leurs charges. Et enjoint Sadite Majesté audit sieur Le Tellier de tenir la main à l'exécution de la présente ordonnance, et de faire et parfaire aux officiers qui y contreviendront, même ceux qui commanderont dans

les quartiers, pour être jugés au conseil de guerre sans que les peines portées par le présent ordre puissent être modérées.

Je finis en renouvelant mes vœux, au commencement de cette année, pour la continuation de votre santé pour longues années, avec protestation de demeurer toujours, etc....

Page 1