INTRODUCTION. LXVII
» leur tête quelqu'un de notre maison, m'en- » voyèrent un lieutenant me prier de faire quel-
* ques démarches pour obtenir cette place. » M. le cardinal-duc, qui m'avoit nommé en- « seigne-colonelle de son régiment de la Marine, » y consentit. (J'avois vingt-deux ans\ Le régi- » ment que je prenois n'avoit que quatre cens » hommes ; je fis par mes soins une recrue de » pareil nombre et je menai le régiment en » Italie. Le comte d'Harcourt, qui commandoit » l'armée, le trouva très-bon et m'en donna » tout l'honneur. Il entreprit pendant cette » campagne le siège de Coni; mon régiment y » servit fort bien, et M. le comte d'Harcourt en » fut si content qu'il le fit savoir à la cour. — » Quand la campagne fut finie, on nous envoya » en quartier d'hiver en Piémont. C'étoit un » pays abandonné aux troupes, où j'aurois j)u « faire un traité fort avantageux, mais je me » contentai de régler les choses sur im pied que » mon régiment y put subsister, et, peu de jours
* après, je me mis en chemin pour Paris... Mon >' régiment me valoit peu de chose ("). »
Nous verrons plus loin, page 158, qu'en l'absence de son colonel, le régiment de Navailles
(1) Mémoires du duc de Navailles, pair et maréchal de France, pp. II à 20. — Paris, 1701.