LXVIII INTRODUCTION
n'était pas des mieux administrés. C'est ce que constate Le Tellier, bien qu'il fasse des réserves à la louange du colonel.
Connaître l'elTectif d'un corps, c'est-à-dire le
chiffre des hommes présents sous les drapeaux,
est aujourd'hui la condition indispensable pour
le général à la tête d'une armée, et pour le
trésor qui a la charge de pourvoir à sa solde, à
sa subsistance, à son habillement, etc.. Cette
condition n'était remplie du temps de Le Tellier
que très-imparfaitement. Il nous apprend que,
pour les distributions du pain, on s'est réglé sur
les revues des troupes qui se sont faites, au passage
du Dauphiné en Italie, bien que le nombre des
gens de guerre ait diminué notablement en peu
de temps par maladies ou désertions. Et après
le siège de Turin, « M^' le comte d'Harcourt a
» dit que , connoissant le travail continuel des
» troupes et l'importance du succès de siège
» pour la réputation des armes du roi, il n'a pas
>» estimé être du service de Sa Majesté de les
» dégoûter par un retranchement de pain, duquel
» tous les gens de guerre s'étoient passé si
» courageusement, pendant la nécessité de notre
» camp ('). »
(i) Le Tellier à De Bullion, 3 novembre 1640, p. 10.