LXXII INTRODUCTION
hommes d'élite. Une lettre du roi à Le Teîlier porte ceci : « Des soldats prennent la li- « cence de quitter leur régiment pour entrer » dans de nouvelles levées ou dans des recrues » qui passent d'un régiment à un autre. J'ai )) expédié une ordonnance autorisant tous capi- 1 » taines et officiers de reprendre leurs soldats M où ils les trouveront ('). » De son côté, Des Noyers écrit à Le Tellier : « 11 importe grande- » ment d'envoyer de bons commissaires à Ten- » trée des recrues en Italie, et d'empêcher soi- » gneusement que les vieux corps n'envoient des » hommes au-devant des recrues, et par ce » moyen en enflent le nombre sur le papier (-). » Le roi, dans une autre lettre, se plaint de l'extrême licence que prennent les soldats, des troupes de delà, de passer de Tun à l'autre régiment sans congé. Les officiers des régimens qui n'avaient pas deux cens hommes, n'ont pas laissé d'être payés au complet, ce qui a causé une dépense extraordinaire. « J'ai fait expédier » une ordonnance pour empêcher cet abus (^). » Les pertes éprouvées en campagne par l'armée, ne sont pas équitablement appréciées.
(1) Lettre du roi à Le Tellier, du 11 janvier 1642, p. ISl.
(2) Des Noyers à Le Tellier, 9 juin 1642, p. 195.
(3) Lettre du roi à Le Tellier, 22 juillet 1642, p. 201.
INTRODUCTION. LXXm
»« Ceux qui dans la cavalerie, dit Le Tellier, ont « maintenu leur corps en bon état, par leurs ^) soins, aux dépens de leur bourse, trouvent » bien dur de recevoir moins d'argent que ceux » qui les ont laissé périr par avarice. Et ceux » qui ont perdu leurs soldats et équipages en » gardant des postes avancés croient qu'on o doive faire considération sur les pertes qu'ils ^) ont faites en servant utilement. » Il propose un mode de rémunération d'accord avec le comte d'IIarcourt, Mazarin et les maréchaux de camp ('). »
Ce sujet était une question qui revenait souvent à la pensée des chefs d'administration, et il suggère à Des Noyers des réllexions pleines de noblesse : « Je ne doute pas que M. le duc de » Longueville ne vous comnuuiique la dépêche » ([ue je lui écris sur les ofliciers, tant de cava- » lerieque d'infanterie qui ont négligé de recruter » leurs compagnies ; ils ont été assez likhes » pour les amener à l'armée [)lus fuibles qu'elles » n'éloient avant qu'ils eussent touché l'argent » de leurs recrues; d'où s'est ensuivi le misé- » rable état auquel on a vu toutes nos armées, ■ durant cette campagne, à la liunle des géné-
(i) Le Tfllier à Dl-s Noyers, 4 ilëceinbro IGIO, p. 2t.