XCIV INTRODUCTION
» qu'il y a des officiers de cavalerie qui vivent à » leurs dépens, depuis six semaines et plus, pour » consommer ce qu'ils avoient exigé par-dessus » les ordres ('). »
Il y a aussi une autre remarque à faire, c'est qu'en même temps que Le Tellier écrivait sa lettre du 11 janvier 1642, le roi en signait, le lendemain 12, une adressée à Le Tellier, dans laquelle il disait : « Je suis fort étonné d'ap- » prendre que les gens de guerre pillent les » églises et autres maisons de la campagne » vouées à Dieu... Vu le bon ordre que vous » m'avez fait savoir y avoir, et parce que l'on » estime que publiant sur ce sujet une ordon- » nance de ma part elle auroit plus d'effet , je » vous l'envoie avec celte lettre (j). » Richelieu intervient à un autre point de vue ; voici les dernières lignes de sa lettre : « La plupart des » troupes d'Italie recevant (de l'argent) pour » beaucoup plus d'hommes qu'elles n'en ont, « l'intention du roi est que vous les régliez et n réduisiez leur paiement sur le nombre effec- » tif ; à quoi vous satisferez, s'il vous plaît (^). » Des Novers écrit aussi à Le Tellier : «^ Je dois
(1) Le Tellier à Des Noyers, 12 avril 1642, p. 189.
(2) Lettre du roi à Le Tellier, H janvier 1642, p. 152.
(3) Richelieu à Le Tellier, 10 février 1642, p. 173.
INTRODUCTION. XGV
» VOUS donner avis qu'en vérité on trouve
^ beaucoup à redire à la dépense du quartier
j) d'hiver du Piémont : le service du roi veut
» des hommes et non des troupes imaginaires
» en papier. Répondez, je vous prie, au plus
^> tôt. ('). >y
Le TeUier répond qu'on le juge sur le vu d'un état présenté par le préfet de Sena, qui est inexact, et il le prouve; il conclut ainsi : « Mais » quand l'abus auroit été plus grand, vous avez » trop de justice pour me les vouloir imputer, » parce que, comme vous savez trop mieux, » MM. les généraux sont plénipotentiaires (om- » nipotens), et ne veulent pas être contredits » en choses qu'ils croient leur pouvoir com- » plice(-j. » — Des Noyers, sur la réfutation des plaintes des ministres piémontais, dit à Le Tellier : « Si M. le préfet de Sena a aidé à » kl lettre, il a tort, car il l'a fait avec des im- » précations et sermens qui me faisoient trem- » hier ("'). « A ce langage de Des Noyers, on reconnait l'homme très-pieux, mais d'une piété fort étroite.
Le Telher, pour mettre d'accord les troupes
(1) Des Noyers à Le Tellier, 19 février 1G42, p. 175.
(2) Le Tellier à Des Noyers, 27 février iGi2, p. 1»).
(3) Des Noyeis à Le Tellier, 5 mars 16ii, p. 181.