‹ Michel Le TellierChapitre 90 sur 179 · CIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CIV INTRODUCTION

« dit-il à Le Tellier, que vous informiez contre » tous les coupables d'une volerie et infidélité » si manifeste... pour être jugez an conseil de » guerre ('). » Pour Richelieu, voici les passages essentiels, il dit : « Je vous prie de m'envoyer » un mémoire des officiers qui n'ont pas fait de » recrues, afin que je les puisse connoître, sans » néanmoins que ledit mémoire vous empêche » ni retarde un moment le châtiment que vous » devez faire faire de ces Messieurs. Je vous » conjure d'avoir l'œil à ce que les gouverneurs » des places du Piémont tiennent leurs garni- » sons complètes de soldats et d'officiers, pour » éviter les inconvéniens qui en peuvent arri- » ver. 3 'écris à M. le comte d'Harcourt comme » lintention du roi n'est pas qu'il laisse moins » de dix capitaines aux régimens d'infanterie, » durant Thiver; tenez-y, s'il vous plait, la » main (^). » Combien est délicat et difficile le rôle que cette lettre trace à l'intendant ! Celuici a signalé aux pages 104 et 105 les gouverneurs compromettant, par l'insuffisance de leurs recrues, la garde des places confiées à leurs soins; il ne faut pas qu'il tolère ce relâchement, mais en même temps, il est entendu qu'il doit les

(1) Lettre du roi à Le Tellier, 10 octobre 1641, p. 116.

(2) Richelieu à Le Tellier, 17 octobre 1641, p. 118.

INTRODUCTION. GV

ménager. Des Noyers, adressant à Le Tellier la lettre du cardinal, lui fait remarquer les témoignages de satisfaction dont cette lettre est remplie, et il ajoute : « Je vous vois si bien établi « dans son esprit que vous n'avez qu'à conti- » nuer dans les affaires de delà, pour mériter » tout ce que vous sauriez désirer de son appui ^> et de sa protection ('). »

Mais toutes ces lettres ne lèvent pas une difficulté capitale au sujet de la peine à appliquer par le conseil de guerre. On a pu sévir modo militari pour de simples soldats, mais ici on ne peut pas agir aussi sommairement. Le Tellier, qui est légiste, expose ainsi ce point délicat : « Comme » les peines sont arbitraires, et qu'il y a peu » d'exemples d'affaires de cette qualité, il y » pourra avoir diversité d'avis. M^' le comte » d'Harcourt avoit arbitré, sous le bon plaisir ^> du roi et de Son Eminence, le châtiment de » ceux qui n'ont pas fait des hommes, pour » l'argent qu'ils ont reçu du roi, ainsi que vous ^> verrez par le mémoire ci-joint. Pour cela, * sauf correction, j'estime qu'il en faudroit ^) choisir cinq ou six des plus coupables et les » châtier sévèrement, comme de les casser, de

(l)De8 Noyers ù Le Tellier, 18 octobre IGil, p. 118.

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