INTRODUCTION. CXV
j»réocciipations du surintendant des finances que le dernier rang, quand on voit qu'à cette époque la France avait quatre armées sur pied : la meilleure, commandée par le maréchal de la Meilleraye, poursuivait la conquête de TArtois; une autre, sous les ordres du comte de Guébriant, s'avançait en Allemagne pour soutenir les Suédois ; la troisième, avec le maréchal Schomberg, appuyait l'insurrection de Catalogne ; la quatrième, la plus faible, opérait en Italie.
Le Tellier qui sait à quoi s'en tenir sur les embarras financiers de son temps, va en ({uelque sorte au-devant des explications qu'on peut lui donner sur les retards qu'il éprouve dans la réception des fonds qu'il attend. Il écrit à ce sujet à Mazarin : « Je n'ai point reçu les cent mille » livres que M. Des Noyers a ordonnés par » avance sur les fonds des garnisons. Ceux qui » doivent fournir les deniers, les trouvent plus » difllcilement qu'on ne les ordonne, et s'en dé- » font encore plus tard qu'ils peuvent. Il y a ^> deux mois et demi qu'on a fait fonds à la cour * de quarante mille cincj cens livres pour la » garnison de Casai... on n'a pas encore en- " voyé un sol pour eux, et si je ne leur a vois pas » fait prêter huit cent trente |)istoles pesant, » dont j'ai donné ma promesse à Saint-Nicolas,
GXVI INTRODUCTION.
» les soldats auroient été deux mois entiers sans » faire de prêts. Il a fallu que j'aie encore fait » donner cent soixante mousquets et la revue « du régiment de Sault, lorsqu'il a passé par « Turin, pour se défendre contre les bandes i> dans la route de Casai. Quand MM. les mi- » nistres ont ordonné quelque chose pour une » place... leurs ordres ne produisent pas lou- » jours, à point nommé, le secours qu'ils ont » désiré procurer à des gens qui sont en néces- » site. Cependant les aflaires dépérissent en un >» poste comme celui de Casai et notamment en » ce temps que les recrues y arrivant, il est be- » soin d'y apprivoiser le soldat par le paiement » des prêts plus fréquents qu'en un autre » temps (*). »
A quel chiilre s'élèvent le prêt des troupes, un quartier d'hiver, une montre dont il est si souvent parlé ici? on ne le trouve pas nettement exprimé dans celte correspondance. jVous allons cependant donner quelques chilfres : mais il y a un acte plus considérable à noter dans la lettre que nous voulons citer, c'est la proposition de faire l'économie d'une montre que Le Tellier, soumet très-discrètement à Mazarin : la dis-
(1) Le Tellier à Mazariu, 4 juillet 1641, p. 87,
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( rétioii était ici à sa place, car si rarmée avait en connaissance du zèle de Le Tellier pour le trésor royal, au lieu de penser à elle, peut-être se serait-il élevé des réclamations menaçantes. T.e passage en question est précédé de la mention de paiements faits aux troupes de Madame, et Le Tellier ajoute : c< Si » l'armée est payée encore d'une montre, notre '> fonds sera bientôt épuisé. Elle en a reçu une jy au commencement du mois passé, on lava » mettre en quartier où elle recevra du pays « fort grassement ce qu'il lui faut; jugez, s'il - vous plaît, si cet argent ne seroit pas mieux » employé en quelqu'autre dépense dont je ^> me découvre à vous, croyant que vous ne ^) me décèlerez pas, quelque jugement que » vous en fassiez : je n'en écris qu'à vous » seul ('). » C'est Des loyers ([ui répond à L<' Tellier. « Vous agissez en véritable inten- ^) d(int... Les troupes ayant été bien grassement » traitées durant le siège de Coni, «M étant à pré- » sent dans de bons quartiers, il n'y a point » d'apparence de prodiguer l'argent de Sa Ma- » JL'sté dans l'extrême rareté (n'i il est, et vous » devez sans difiiculté retenir les WhuU (!»• la
fi) Le T«.'lli.M- a Ma/.uriii, i .i.l*.!)iv Itiil, i<. lli.