‹ Michel Le Tellier, son administration comme intendant d'armée en Piémont, 1640-1643Chapitre 103 sur 178 · INTRODUCTION. CXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. CXV

préoccupations du surintendant des finances que le dernier rang, quand on voit qu'à cette époque la France avait quatre années sur pied : la meilleure, commandée par le maréchal de la Meilleraye, poursuivait la conquête de l'Artois; une autre, sous les ordres du comte de Guébrianl, s'avançait en Allemagne pour soutenir les Suédois ; la troisième, avec le maréchal Schomberg, appuyait l'insurrection de Catalogne; la quatrième, la plus faible, opérait en Italie.

Le Tellier qui sait à quoi s'en tenir sur les embarras financiers de son temps, va en quelque sorte au-devant des explications qu'on peut lui donner sur les retards qu'il éprouve dans la réception des fonds qu'il attend. Il écrit à ce sujet à Mazarin : « Je n'ai point reçu les cent mille » livres que M. Des Noyers a ordonnés par » avance sur les fonds des garnisons. Ceux qui » doivent fournir les deniers, les trouvent plus » difficilement qu'on ne les ordonne, et s'en dé- » font encore plus tard qu'ils peuvent. Il y a » deux mois et demi qu'on a fait fonds à la cour » de quarante mille cinq cens livres pour la » garnison de Casai... on n'a pas encore en- » voyé un sol pour eux, et si je ne leur avois pas » fait prêter huit cent trente pistoles pesant, » dont j'ai donné ma promesse à Saint-Nicolas,

GXVI INTRODUCTION,

» les soldats auroienl été deux mois entiers sans » faire de prêts. II a fallu que j'aie encore fait « donner cent soixante mousquets et la revue » du régiment de Saull, lorsqu'il a passé par » Turin, pour se défendre contre les. bandes » dans la route de Casai. Quand MM. les mi- » nislres ont ordonné quelque chose pour une » place... leurs ordres ne produisent pas tou- » jours, à point nommé, le secours qu'ils ont » désiré procurer à des gens qui sont en néces- » site. Cependant les affaires dépérissent en un >> poste comme celui de Casai et notamment en » ce temps que les recrues y arrivant, il est be- » soin d y apprivoiser le soldat par le paiement » des prêts plus fréquents qu'en un autre » temps (*). »

A quel chiffre s'élèvent le prêt des troupes, un quartier d'hiver, une montre dont il est si souvent parlé ici? on ne le trouve pas nettement exprimé dans cette correspondance. Nous allons cependant donner quelques chiffres : mais il y a un acte plus considérable à noter dans la lettre que nous voulons citer, c'est la proposition de faire l'économie d'une montre que Le Tellier, soumet très-discrètement à Mazarin : la dis-

(1) Le Tellier à Mazarin, 4 juillet 1641, p. 87.

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