‹ Michel Le Tellier, son administration comme intendant d'armée en Piémont, 1640-1643Chapitre 104 sur 178 · INTRODUCTION. XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVII

crétîon était ici à sa place, car si l'armée avait eu connaissance du zèle de Le Tellier pour le trésor royal, au lieu de penser à elle, peut-être se serait-il élevé des réclamations menaçantes. T.e passage en question est précédé de la mention de paiements faits aux troupes de Madame, et Le Tellier ajoute : « Si » Tarmée est payée encore d'une montre, notre

• fonds sera bientôt épuisé. Elle en a reçu une i> au commencement du mois passé , on la va » mettre en quartier où elle recevra du pays » fort grassement ce qu'il lui faut; jugez, s'il » vous plaît, si cet argent ne seroit pas mieux » employé en quelqu'autre" dépense dont je « me découvre à vous, croyant que vous ne

* me décèlerez pas, quelque jugement que » vous en fassiez : je n'en écris qu'à vous » seul ('). » C'est Des Noyers qui répond à Le Tellier. « Vous agissez en véritable inten- » dant... Les troupes ayant été bien grassement » traitées durant le siège de Coni, et étant à pré- » sent dans de bons quartiers, il n'y a point » d'apparence de prodiguer l'argent de Sa Ma- » jesté dans rextrôme rareté où il est, et vous » devez sans difficulté retenir les fonds de la

(1) Le Tellier à Mazarin, 4 octobre «Cil, p. 114.

GXVni INTRODUCTION.

i> montre pour l'employer ainsi qu'il sera par » elle ordonné. Je vous écris ceci par son » commandement exprès... (*) »

L'année suivante, Mazarin écrit à Le Tellier ; « Vous n'avez pas de commis qui travaille plus » que moi pour vous faire tenir de l'argent, et » je crois aussi pouvoir dire avec vérité que le » roi n'a pas beaucoup de serviteurs qui le » ménagent comme vous faites pour son ser- » vice (^). » De son côté. Des Noyers lui disait : « Je voudrois bien être assez éloquent pour » persuader à M. le surintendant qu'un fonds » d'un million cent mille francs n'est pas bas- » tant pour payer une montre à une armée » comme la vôtre... Je me trouve obligé de » remettre mes efforts à l'arrivée de Son Emi- » nence qui sera ici beaucoup plus tôt que je » ne pensois, Dieu aidant (^). « En effet Richelieu, suivant le roi dont l'armée assiégeait Perpignan, avait eu avec lui une dernière entrevue à Tarascon, et il se rendait à Lyon où Cinq-Mars devait être jugé. Le cardinal partait de Lyon le 12 juillet et rentrait à Paris à petites journées. Le 5 septembre, Le Tellier écrivant à

(1) Des Noyers à Le Tellier, 18 octobre 1641, p. H 9.

(2) Mazarin à Le Tellier, 30 août 1642, p. 212.

(3) l>es Noyers à Le Tellier, 22 septembre 16 i2, p. 223.

Page 1