‹ Michel Le Tellier, son administration comme intendant d'armée en Piémont, 1640-1643Chapitre 107 sur 178 · INTRODUCTION. CXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. CXXI

des espèces qui lui sont expédiées , et il prie qu'on continue à lui donner les mêmes renseignements pour pouvoir prendre en faute les agents inQdèles. Pour la monnaie blanche légère, convertie en or léger, le banquier de Lyon demandait un et demi pour cent, et trois pour cent s'il s'agissait de pistoles d'or de poids. Cette dépense pour une montre s'élevait à plus de quatre mille livres et Le Tellier ne voulait pas la faire, parce qu'elle ne pouvait figurer dans ses comptes que sous le titre de dépenses extraordinaires, voyages, espions, etc. • Dé- » penses, dit-il, suspectes à la cour et char- » géant un homme de ma condition de reproches » dont on a peine à se laver (*). »

La centralisation appliquée aujourd'hui à tous les services publics n'existait pas aux XVIP siècle ; nous voyons Le Tellier s'occuper du renouvellement des marchés annuels du munilionnaire et ' de quelques autres détails, mais pour connaître exactement comment fonctionne ce service, celui des hôpitaux et de l'habillement, nous ne trouvons dans cette correspondance que des indications sommaires. Ces services comme celui des revues n'étaient de la compétence de Le Tellier

(I) Le Tellier à Mazario , 3 septembre 1641 1 p< 103, et 10 septembre 1643, p. 318.

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que dans une mesure très-limitée; ainsi par exemple, il écrit à Des Noyers : « J'ai vu la com- » mission qu'il vous a plu accorder à M. Talon, » qui lui donne pouvoir de faire payer les gens » de guerre sur les extraits des revues qu'il » fera ('). » Dans une autre lettre, il parle de commissaires et de contrôleurs uniquement chargés de payer les montres (^).

Une lettre du roi donne aussi à Talon les fonds nécessaires pour divers travaux, comprenant : L'esplanade de Turin, — tracer une route dans le bois de la Marsaille, — raser ou élever des fortifications, construire des forges pour l'artillerie à Pérouse (^).

Mazarin, pendant le siège de Turin, sous l'intendance de d'Argenson, faisait des achats de blé, d'armes pour venir en aide à l'armée. Ce qu'il y a à remarquer en cette circonstance, c'est que ces achats étaient payés par lui et restaient à sou compte, jusqu'à ce qu'on en trouvât le placement. Dans un post-scriptum à une lettre du roi sur les officiers qui ont de doubles charges, Des Noyers dit : « On baillera en paiement aux » munitionnaires les quinze cens sacs de blé que

(1) Le Tellier à Des Noyers, 9 février i64l, p. 44.

(2) Le Tellier à Des Noyers, 30 janvier 1642, p. 172.

(3) Lettre du roi à Le Tellier, 12 novembre 1640, p. 13.

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» M. Mazarin a achetés pour le même prix qu ils » ont coûté (p. 54.). » De son côté, Mazarin écrivait à Le Tellier : « Je fais état de vous envoyer » dans peu de jours quinze ou vingt mille livres » de mon argent, pour reste du paiement de blé » que j'achetai en Piémont, n'estimant pas rai- >» sonnable de retarder ce paiement, encore que » je rencontre beaucoup de difQcultés d'en être » satisfait du roi (*). » Dans la même lettre, il dit : « On me doit encore rembourser d'une » somme d'argent que j'ai avancée pour l'achat » des armes, laquelle je ne vois pas grande ap- » parence de pouvoir rentrer de sitôt. » Et il demande à Le Tellier si avec une lettre de M. Des Noyers il ne pourrait pas lui faire ce remboursement. Nous n'avons pas la réponse de Le Tellier. Au reste, Mazarin n'oublie rien ; il pense à tout ; le 8 décembre, il dit à Le Tellier : « On » prendra son blé (le blé de son vendeur Molla) » dans des sacs qui sont à moi (^). »

En arrivant en Italie, Le Tellier trouva pour munitionnaire Falcombel. Son traité était annuel, il fallait le renouveler; dans une lettre du 27 janvier 1641, Des Noyers consulte Le Tellier sur le prix de la ration de pain ; il regarde celui

(1) Mazarin à Le Tellier, 20 juillet 1641, p. 95.

(2) Mazarin à Le Tellier, 8 décembre 1641, p. 143.

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