INTRODUCTION. CXXVII
» senter que les munitionnaires n'ont aucun
» équipage pour faire des voitures, en sorte que
» si l'armée alloit en un lieu où ils ne trou-
» vassent pas de blé à acheter, il mesarriveroit
» indubitablement. S'il est vrai que vous ne leur
» ayez rien donné pour cette année, il leur est
n dû une somme assez considérable pour les
» quatre premiers mois, soit deux cent soixante-
» treize mille livres à raison de sept mille rations
» qu'ils ont fournies et au-delà, et encore dix
» mille livres pour la fourniture extraordinaire
» qui s'est faite à Montcalvo, sans y comprendre
» quelque blé et mulets qui ont été pris par les
» ennemis, pendant cet hiver; sur quoi ils ont
» reçu cent quarante-un mille huit cent soixante-
» quinze livres seulement, il leur reste dû cent
» trente-un mille cent vingt-cinq livres (*). »
Au mois de juillet, Falcombel était encore à Paris, Des Noyers écrivait à Le Tellier : « Je
» fais tout ce que je puis pour renvoyer vos
» munitionnaires, sachant combien ils vous
» sont nécessaires par delà. Mais comme nous
» sommes un peu éloignés de messieurs des
» Finances, j'ai prié M. de Moyroux de ne point
» partir de Paris qu'après avoir fait auprès
(1) Le Tellier à Des Noyers, i«' mai 16U, p. 62.
CXXVIU INTRODUCTION.
» d'eux les instances nécessaires de la part » de M. le comte d'Harcourt, afin que les » unes jointes aux autres en puissent obtenir « Teffort (*). »
L'arrêté des comptes des munitionnaires par l'intendant n'était pas alors une de ses attributions obligatoires , il est probable qu'il n'en était chargé que quand il donnait des preuves de son savoir en cette matière. Nous voyons cette formalité remplie par Le Tellier, pour la première fois, dans sa lettre du 121 novembre 1641. Trois mille sacs de blé de la réserve de Pignerol ont été cédés à l'entrepreneur pour trent-six mille livres, à-compte sur la fourniture de janvier. Les blés étant en hausse. Le Tellier propose d'obliger le munitionnaire à le remplacer en nature. C'est une bonne mesure ; on renouvelle sans frais un approvisionnement qui s'altère , s'il reste trop longtemps en magasin (^).
En 1642, nous trouvons Le Tellier arrêtant les comptes du pain de l'armée; il écrit à Des Noyers : « J'ai arrêté la dépense du pain de » munition des mois de janvier et février de la » présente année, fourni aux troupes du roi qui
(i) Des Noyers à Le Tellier, 17 juillet 1641, p. 318.
(i) Le Tellier k Des Nojerf, 12 novembre 1641, p. 133 .