INTRODUCTION. CXXV
j> sure que M. Mazarin y a apporté tous les » soins et le secret qu'il a pu (*). »
Dans cette même lettre, Le Tellier craint que le chancelier n'ait pas reçu des mémoires concernant la munition, qui lui ont été adressés, et que quelque accident recule le contrat « que vous » avez à faire avec Falcombel et ses associés. » Concluons de là que les marchés de cette nature exigeaient, pour être valables, le concours du garde des sceaux. Des Noyers, un peu plus tard, écrit : « Le traité de vos munitionnaires est enfin » passé à quarante-deux deniers, ils promettent » de bien servir (^). » « Le Tellier écrivait à Des Noyers, dès le 19 février : « Sitôt que vous aurez » renouvelé le traité des munitionnaires, il est » nécessaire qu'il vous plaise renvoyer promp- » temenl le sieur Falcombel; ceux qui servent » en son absence n'ont pas les mômes habitudes » que lui dans le pays, ni les facilités pour four- » nir l'armée, ainsi que je le reconnois dans la j> marche que font les troupes présentement (*). » Les associés vont faire marcher le service; seulement ils sont sans expérience et c'est l'intendant qui va en souffrir. Voici ce qu'il raconte :
(1) Le Tellier au chancelier Séguier, 6 mars 1641, p. 49.
(2) Des Noyers à Le Tellier, 13 mars 1641, p. 51.
(4) Le Tellier k Des Noyers, 19 février 1641, p. 45.
CXXVI INTRODUGl ION.
« Je suis en grande peine pour le fait de la » munition : ceux qui se sont obligés de la four- » niture cette année donnent si peu d'ordre à » leurs affaires qu'ils n'ont à présent aucune » voiture, en sorte que si l'armée faisoit deux » lieues en pays auquel ils ne trouvassent point » de blé à vendre, ils ne pourroient pas y faire » voiturer des vivres pour un jour. Quand je les » presse de se mettre en équipage, ils me de- » mandent de l'argent, me menacent tous les » jours de cesser de fournir, et au plus fort du » travail de siège dlvrée. Ils en sont venus à ce » point de refuser du pain à la garnison de » Turin. En sorte que si je n'eusse usé d'auto- » rite, il fut arrivé bruit dans la ville. Je crois » bien qu'il pourroit arriver du désordre, no- » tarament le sieur Falcombel étant toujours » absent (*). » Quelques jours sont à peine écoulés que Le Tellier écrit : « J'appréhende n tellement que les affaires de la munition de » cette armée n'aillent pas si bien qu'elles ont n fait par le passé, qu'encore que je vous aie » écrit par Tordonnance qui partit d'ici le » 29 du passé, je prends encore néanmoins la » liberté de vous faire celle-ci pour vous repré-
(i) Le Tellier & Des Noyers, 38 avril 1641, p. 60.