CXXX INTRODUCTION
» plaise d'en vérifier la dépense (*). » C'est successivement que Le Tellier concentre dans ses mains le règlement des fournitures de pain faites à l'armée.
Nous ne nous arrêterions pas davantage sur ce service, s'il n'y avait pas dans cette correspondance une lettre de Des Noyers , qui achève de faire connaître l'homme et de donner sa mesure. Nous l'avons déjà vu à l'œuvre comme homme d'Etat : il se révèle un jour avec des doctrines fort belles et appliquées fort à propos ; dans une autre occasion, il n'est plus qu'un simple courtisan. Nous allons voir qu'il est aussi un administrateur incomplet. La manière dont il s'y prend pour fixjer le prix de la ration du
(1) D^Emery à Le Tellier, 16 mai 1643, p. 194.
Les surintendants des finances et ceux qui les secondaient, avaient autrefois un mauvais renom. On les accusait de vouloir s^enrichir aux dépens du roi , et on criait contre les impôts qu'ils devaient percevoir pour faire face aux dépenses de PËtat. Voici ce que nous lisons dans le Menagiana^ sur de BuUion et d'Emery :
« Ms' Pévéque de Belley, prêchant la Passion à Saint-Jean>en- » Grève, devant Ms' le duc d'Orléans Gaston, s'aperçut que ce M prince étoit placé entre M. d'Ëmery et M. de Bullion , intendans >» des finances. Il prit de 1à occasion de faire cette exclamation » équivoque : — Ah ! Seigneur, s'écria-t-il , quand je vous vois >» entre deux larrons...
» Cela fut remarqué par une bonne partie de l'assemblée qui ne » put s^empêcher d*en rire. Monsieur qui dormoit , se réveillant en » sursaut, demanda ce que c'étoit : — - Ne vous inquiétez pas, lui » dit M. de Bullion en lui montrant M. d'Emeryi c'est à nous n deux qu'il parle, n (Page 15ê, tome 4*.)