LE TELLIER A DE BULLION
Turin, 37 novembre 1640.
Monseigneur, le traité de l'échange des prisonniers a été signé le 21 du courant. Il se fait but à but, M. d'Argenson y est compris, parce que le roi donne quinze ou seize prisonniers espagnols qui nous restoient, après l'échange rempli, pour tenir lieu de ce que ledit sieur d'Argenson devoit payer raisonnablement aux ennemis. Il lui en coûte encore de son chef dix-huit cens pistoles d'Italie payables dans Milan. Mais il n'en est point parlé dans le traité. La passion qu'ont eue ses amis de le tirer promptement de prison, a procuré cet avantage au marquis de Leganez au-delà de ce qu'il en doit espérer.
Je vous suis très obligé. Monseigneur, de ce qu'il vous a plu me procurer cet emploi, mais encore plus des témoignages de bienveillance que je reçois tous lesjoursdeM. Mazarinen votre considération. Je vous en rends grâces très humbles, et proteste que je n'aurai jamais plus de contentement que de pouvoir vous témoigner que je suis véritablement, etc...