‹ Michel Le Tellier, son administration comme intendant d'armée en Piémont, 1640-1643Chapitre 150 sur 178 · MAI · texte numérisé non relu

MAI

les extraits de revues des troupes qui avoient été amenées en Piémont l'année dernière , j'avois appris qu'ils avoient fait passer fort peu d'hommes , que s'il arrivoit qu'ils en fissent de même cette année, on châtieroit leur avarice si sévèrement qu'ils serviroient d'exemple à toutes les troupes des armées du roi. Ils me promirent qu'ils écriroient en France à leurs camarades, en sorte que le roi auroit toute satisfaction de leurs soins, et qu'ils répareroient ce en quoi ils avoient manqué l'année dernière. J'ai cru en même temps vous en devoir donner avis, afin que, par l'ordre qu'il vous plaîra faire, eux et tous ceux qui manqueroient cette année, perdissent l'envie de profiter dorénavant des deniers du roi , aux dépens de ses affaires. C'est ce qui s'est passé en cela, dont si je vous eusse informé au lon^r, j'estime que vous eussiez jugé que je n'ai manqué ni d'aff'ection ni de diligence pour en découvrir la vérité. Et je m'assure que si j'en eusse pu avoir des preuves, j'en eusse fait tel châtiment que chacun eut bien connu qu'il n'y a rien de plus important au service du roi que d'accoutumer les gens de guerre à employer utilement l'argent qu'il plaît au roi leur ordonner pour les recrues.

Je vous envoie un mémoire de ce qui s'est «passé en gros dans le siège d'Ivrée, jusqu'au 26 du passé, dont M^" le comte d'Harcourt vous a envoyé la relation en détail, à laquelle je ne puis rien ajouter, sinon que M. Mazarin a pris de très-grands soins de nous faire envoyer de Turin toutes les choses nécessaires pour la subsistance de l'armée, et a suppléé par son travail tout ce qu'eussent dû faire les officiers d'art illwie, s'ils eussent été dans le Piémont.

Je ne vous manderai rien de la mort de M. de la Cour, ni de la vertu qu'il a témoignée en sa maladie.

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