‹ Michel Le Tellier, son administration comme intendant d'armée en Piémont, 1640-1643Chapitre 16 sur 178 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

leur sans mérite, loin de là ! Mais il ne valait pas Le Tellier, et, comme chef d'administration, il avait un grand défaut, il ne voyait pas toujours juste, nous le démontrerons bientôt; de plus, son humeur était difficile, inégale, et aussitôt qu'il trouvait à redire à quelque chose, la vivacité de ses lettres tranche avec son style ordinaire qui est souvent emphatique, quoique toujours plein de formules polies. Il était à^é de cinquante-deux ans , et, en écrivant à Le Tellier qui en avait trente-sept, nous croyons qu'il a cédé quelquefois au désir de faire voir qu'il en savait long ; mal lui en a pris , car chacune des réponses de Le TeUier était une leçon pour lui. Ici Le Tellier paraît toujours le même, froid, restant dans son rôle de subordonné, ne relevant jamais une expression blessante, quoiqu'il la sentit bien, langage très-humble et d'une modestie qui était peut-être naturelle autrefois, mais qui aujourd'hui semble affectée. En parlant ainsi , nous ne considérons que la forme , car pour le fond, c'est toujours l'homme supérieur qui parle. Des Noyers le sent, il l'accable de compliments, mais son humeur chagrine reprend bientôt le dessus, et c'est à recommencer.

En arrivant à Turin où l'armée française venait de rétablir l'autorité de Madame Royale,

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