‹ Michel Le Tellier, son administration comme intendant d'armée en Piémont, 1640-1643Chapitre 166 sur 178 · LE COMTE DE GHAVIGNY A LE TELLIER · texte numérisé non relu

LE COMTE DE GHAVIGNY A LE TELLIER

29 juin 1643.

Monsieur, il y a quelque temps que les sieurs Mauran et Gapon, officiers de la garnison de Savillan, furent condamnes à mort par jugement par vous rendu, pour avoir commis quelques excès et meurtres contre des sujets de Madame, et comme ledit jugement n'a pas été exécuté de la fuite desdits Mauran et Gapon qui ont été condamnés sans avoir été ouïs, et qui prétendent de s'en aller en Piémont pour se justifier et pour servir le roi dans son armée ; je vous supplie. Monsieur, de faire surseoir toutes les poursuites que l'on pourroit faire contre eux et d'empêcher qu'ils ne soient inquiétés, tant par les officiers de Sa Majesté que ceux de Madame, pour raison de ce. Je vous en aurai une très-particulière obligation que je reconnoîtrai aux occasions qui me donneront le moyen de vous témoigner que je suis, etc....

DES NOYERS A LE TELLIER

13 juillet 1642.

L'état auquel se trouve M. le duc de Bouillon, obligeant à voir les paquets qui lui sont envoyés et aux siens, et l'intention du roi n'étant pas que cela préjudicie aucunement à ceux qui ne sont coupables d'aucune chose contre son service, j'ai fait faire un paquet de tout ce qui s'est trouvé avec ceux dudit sieur Duc, et j'ai cru vous en devoir avertir, afin que charitablement vous fassiez rendre toutes les lettres à ceux à qui elles sont adressées. C'est le seul sujet de cette lettre, et de vous assurer que je suis, etc....

LE COMTE DE GHAVIGNY A LE TBLLIBR.

16 juillet 1643.

Il y a trois cavaliers de la ville d'Alexandrie dans l'armée du roi, lesquels ont eu dessein ci-devant, de rendre un service considérable à Sa Majesté touchant ladite ville. Mais comme il n'a pas réussi, ils ont été obligés de se retirer de leur pays et de se mettre sous la protection de Sa Majesté. Ils se nomment : Lanz Avecchia, Gambarota, et Gamalessi. Depuis qu'ils sont dans l'armée on n'a pas eu grand soin d'eux, ce qui les a dégoûtés; en sorte que l'un des trois vouloit se rajuster avec les Espagnols et leur découvrir tous ceux qui avoient eu part au dessein d'Alexandrie, mais quelqu'un l'en a adverti (*). Il seroit donc bon dorénavant de ne leur donner pas lieu de mécontentement, mais de les traiter favorablement, en leur donnant moyen de subsister dans l'armée. Sur quoi j'ai eu ordre de vous écrire la présente, afin que vous trouviez, s'il vous plaît, les moyens de leur ménager quelque chose pour cet effet. Il vous plaira avoir soin de cette affaire, étant important de bien traiter ces gens-là, quand ce ne seroit que pour l'exemple qui seroit mauvais et de conséquence, si des personnes qui se sont retirées de leur pays pour avoir voulu servir Sa Majesté demeuroient négligées et abandonnées. Sur ce, etc....

(1) G*est pour la seconde fois, dans cette correspondance, que le mot adverti est employé dans le sens de détourné, voir page 150.

i6<i9 JUILLET 1642. 190

LETTRE DU ROI A LE TBLLIER

16 juillet 1642.

Monsieur LeTellier, ayant su que les congés que Ton a donnés ès-années dernières à une infinité d'officiers de mon armée d'Italie, ont causé une notable diminution en madite armée et un grand préjudice à mon service, je mande aux maréchaux de camp qui commandent présentement en madite armée de ne donner aucun congé, si ce n'est pour blessures ou maladies très grièves. Et je vous fais cette lettre pour vous en donner avis, et vous dire que vous ayez à y tenir la main et que vous n'envoyez aucun, qui ne soit pour l'une des causes susdites, et m'assurant que vous y satisferez selon vos soins et votre affection accoutumée, je prie Dieu, etc.... Ecrit à Rouanne, le 16 juillet 1642. Signé Louis, et plus bas, Sublet.

LE TELLIER A MAZARIN

19 juillet 1643.

Monseigneur, je n'ai rien mandé à Votre Eminence de ce qui s'est passé lorsque M. le duc de Bouillon a été arrêté dans Casai, parce que ces Messieurs ont envoyé exprès un gentilhomme à la cour qui a eu charge d'en informer Votre Eminence. Depuis, l'armée a séjourné quelque temps à Mons, depuis dix ou douze jours vis-à-vis de Verrue dont elle partit mardi dernier, 15 du courant, pour aller prendre M. de Bouillon à Casai et le conduire à Pignerol où je crois qu'il arrivera le 22 courant. Il seroit bien à désirer que M*' le duc de Longueville pût arriver promptement en Piémont, pour employer les troupes qui sont en nombre

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bien considérable, crainte que la multiplicité des commandans n*erapèche ou ne recule les entreprises que Tarmée pourroit faire sur les places que les ennemis tiennent en Piémont, quoique je puisse assurer Votre Eminence qu'on ne peut pas plus désirer d'union et de bonne correspondance que celle qui a été jusqu'ici entre ces Messieurs, qui commandent l'armée alternativement ; mais Votre Eminence sait trop mieux, que cette forme de gouvernement ne peut pas réussir pour la conduite des gens de guerre.

La cavalerie de M. le marquis Villa a paru belle lorsqu'on s'est mis en campagne ; j'en ai fait moi-même la revue en détail. Il s'y est trouvé deux mille cinquante chevaux, tant cuirassiers que carabins, aussi bien montés et équipés qu'étoit autrefois la cavalerie, au commencement de la guerre. Mais pour ne rien dissimuler à Votre Eminence, tous ces gens-là qui (figurent) à une revue, ne demeurent pas dans le service : les uns se retirent au temps des foins, les autres au temps des moissons, et la meilleure partie au temps des vendanges. M. le marquis Villa impute cette diminution à ce que l'on ne paye point de militaires. En cela, il peut avoir quelque raison; je crois qu'il a écrit plusieurs fois à Votre Eminence, en cette conformité.

Je demande à Votre Eminence la continuation, etc.

LETTRE DU ROI A LE TELLIER

22 juillet 1642.

Monsieur Le Tellier, il y a longtemps queje vois par tous les extraits (des revues) qui me sont envoyés, et les avis qui me sont donnés de l'état des troupes qui me servent en Italie, comme les compagnies de carabins sont très-foibles, et vous savez comme il m'a voit été

proposé par le duc de Bouillon de les convertir en mousquetaires à cheval, et les faisant armer de bons mousquets et arquebuses de trois pieds et demi de long. Je vous dirai maintenant que je trouve bon que Ton fasse ce convertissement de toutes les compagnies qui servent tant en mon armée que dans les places de Piémont, si mon cousin le duc de Longueville l'estime à propos, à la charge que les capitaines d'icelles les mettront et entretiendront du moins à cinquante hommes chacune, et les armeront de la façon susdite, à leurs dépens, l'avantage qu'ils en ont reçu jusqu'ic-i étant assez grand pour leur en donner moyen. Sinon, je remets à mon cousin de les faire casser.

Je vous dirai aussi qu'ayant su l'extrême licence que prennent les soldats des troupes de delà, de passer de l'une à l'autre sans congé, et les officiers de les recevoir, j'ai fait expédier une ordonnance pour l'empêcher à l'avenir. Laquelle j'envoie au sieur Du Pleasis- Praslin et aux autres maréchaux de camp de mon armée d'Italie, en attendant l'arrivée de mon cousin le duc de Longueville, mon lieutenant général en icelle. Et je vous recommande de tenir exactement la main, en ce qui dépendra de vous, à Texécution d'icelle.

Et par ce que j'ai vu par les états du paiement du quartier d'hiver dernier, comme les officiers des régimens qui n'avoient pas deux cens soldats n'otit pas laissé d'être entretenus, ce qui a causé une dépense extraordinaire au pays, sans aucune utilité pour mon service, j'ai aussi fait expédier une ordonnance dont je vous envoie le duplicata, pour empêcher cet abus ; de laquelle ainsi que celle du 20 mars que le sieur Talon vous aura rendue pour la réformation des compagnies qui seront au-dessous de trente hommes, je vous recommande l'observation bien particulièrement.

Sur ce, je prie Dieu, etc.... Ecrit à Lyon, le 22 juillet 1642. Signé : Louis, et plus bas, Sublet.

LE TELLIER A DBS NOYERS

38 juillet 1649.

Monseigneur, M. de Bouillon est arrivé à Pignerol le 21 du courant, dont M. de Gastellan fait état de le sortir le dernier de ce mois, pour le conduire à Lyon, suivant les ordres que vous en avez envoyés. Il prend pour escorte la compagnie des gens d'armes de M. le duc de Lesdiguières, le régiment de dragons d'artillers, une compagnie de chevau-légers et trente officiers de l'armée. J'ai envoyé à Briançon pour faire préparer les étapes par La Grave et le bourg d'Oisans, pour abréger le chemin, quoique ce ne soit pas lieux ordinaires pour le passage des troupes.

Le 25 du courant, les ratifications du traité fait par le roi et Madame la duchesse de Savoie avec MM. les princes ont été délivrées de part et d'autre. Mercredi prochain qui sera le 30, la paix doit être publiée à Turin, Nice et Ivrée; samedi soir, M. le prince se rendit avec quatre des siens seulement tout proche de cette ville (Turin), où il rencontra Madame qui le salua, puis entra dans Turin, dans le carosse de Son Altesse; il y séjourna hier 27 et y demeurera jusqu'à demain matin, pour assister aujourd'hui à la fête de la naissance de Madame la princesse de Piémont.

Hier, après dîner, MM. les maréchaux de camp conférèrent avec le prince de ce qui se pouvoit entreprendre sur les ennemis par les armes du roi. Son Altesse discourut pertinemment de toutes les affaires de deçà; expliqua l'état des forces des Espagnols qu'il fait monter pour la campagne à quatre mille chevaux'

et à quatre mille hommes de pied; proposa d'aller droit dans le Milanais, pour profiter de l'occasion qu'ont les peuples|contre le gouvernement d'Espagne ; dit que Novarre pourroit être emporté facilement, et que, pourvu qu'on fît faire une fausse marche à l'armée, on pourroit entreprendre utilement sur Verceil ou sur Trin. Mais parce qu'on avoit résolu de ne s'embarquer à aucun grand dessein que M. le duc de Longue ville ne soit arrivé ici, et que le principal fruit qu'on s'étoit proposé de désirer cette conférence pour le service du roi, étoit d'obliger M. le prince Thomas à faire quelques exploits de guerre contre les Espagnols, qui puissent marquer ses bonnes inclinations au service de Sa Majesté et le rendre irréconciliable avec les ennemis. Ces Messieurs lui proposèrent d'investir Gressentino qui est au-delà de la Doire avec sa cavalerie qui en est proche et partie de l'infanterie de l'armée qu'on lui offrit, ce qu'il accepta de bonne grâce, et dit qu'il n'auroit pas estimé ce dessein convenable à la force des armes du roi. On a envoyé reconnoître si la Doire peut gayer, pour y faire passer la cavalerie, pour soutenir celle de M. le prince Thomas contre les efforts que pourroient faire les Espagnols, en attendant que l'infanterie la puisse joindre. Si bien que par la conférence qu'il a témoignée en venant à Turin de son bon gré, et la résolution qu'il témoigne d'attaquer Gressentino , il semble qu'on puisse espérer cette fois quelque fruit de son accommodement. De quoi j'ai bien voulu vous rendre compte, ayant estimé que vous aurez contentement d'être informé de tout ce détail, qui semble promettre quelque chose d'avantageux en ce pays, pour le service de Sa Majesté.

Je profite aussi de cette occasion pour vous prier, comme je fais de tout mon cœur, de vous vouloir bien

VOUS ressouvenir de la nécessité de cette armée, et de commander à Messieurs de l'extraordinaire d'y faire voiturer de Targent, afin qu'à l'arrivée de M^^' le duc de Longueville, rien ne puisse empêcher les progrès que l'armée peut vraisemblablement faire sous sa conduite, pendant le reste de cette campagne, et qu'on puisse conserver les troupes qui sont dans les garnisons qui sont en Ibrt bon état.

Je vous rendrai compte bien soigneusement de tout ce qui se passera, n'ayant rien de plus à cœur, etc....

LE TELLIER A DES NOYERS

29 juillet i642.

Monseigneur, votre dépêche du 9 du mois passé m'a été rendue le l®' du courant, avec les dépêches du roi concernant le sieur de La Noue et sa compagnie de carabins. Je me servirai donc desdites dépêches pour le licenciement de sa compagnie qui n'afifoiblira point l'armée, et ôtera prétexte à tous les officiers de mesdire du capitaine par l'envie qu'ils ont des quartiers qu'occupe cette compagnie qu'ils croient toujours meilleurs que ceux qu'on leur donne, et certainement il n'est pas séant dans une armée qu'un maréchal des logis ait une troupe à lui, laquelle ne sert jamais qu'à manger des quartiers, et de prétexte au capitaine de prendre sur le pays pour peu qu'il ait d'inclinaison de profiter, dont peu de personnes manquent.

L'apologie de M. le^préfet de Sena n'a point été vue dans le pays, je ne l'aurois pas souffert ; mais j'ai cru vous le devoir envoyer comme un échantillon de l'humeur des gens du pays, entre lesquels je reconnois celui-ci pour un homme d'esprit et de grand service, mais qui a ses défauts comme les autres hommes.

Quand il vous a promis que Madame donneroit quatrer mille hommes de pied pour l'armée de campagne, il en a bien su Timpossibillté, mais il a cru servir Son Altesse en tirant l'argent que vous avez ordonné pour les recrues d'infanterie, sous quelque prétexte que ce fut.

Je vous envoie l'état des recrues qui sont arrivées en Piémont jusques ici, le nombre n'est pas tout à fait égal à l'état que vous avez fait dresser, mais je vous assure qu'il étoit bien plus fort que celui de l'année dernière, et que les hommes sont forts et bien faits, en sorte que je crois que vous serez satisfait des soins de la meilleure partie de l'infanterie. Quant à la cavalerie, je n'en augure pas de même. Vous jugerez, à la fin de la compagne, sur l'état que je vous enverrai, si J'ai bien deviné.

Depuis que M. de Bouillon a été arrêté , l'armée a séjourné dix jours proche de Verrue, en attendant le retour du sieur Dalunnard , pendant lesquels j'ai fait distribuer aux majors de chaque régiment d'infanterie qui sert à la campagne, quatre mille quatre cent trente-quatre paires d'habits de munition pour être distribuées aux soldats effectifs de chaque corps qui ont hiverné dans le Piémont , à l'exclusion des valets des officiers et des soldats de recrues, suivant Tordre qui en a été publié. Je vous envoie l'état de distribution. Et parce que, des six mille paires d'habits dont J'avois fait prix avec un marchand de Lyon, il ne m'en a été livré que cinq mille quatre cens, les autres ayant été rebutés pour n'avoir pas été trouvés de la qualité portée par le marché; il reste justement huit cent soixante-six paires d'habits , lesquels seroient à mon avis très-utilement employés, s'il vous plaisoit en faire un présent à la garnison de Casai, laquelle est

composée de fort bons hommes mais mal vêtus. Je les ai fait emballer tout prêts à les envoyer, quand il vous plaira me faire savoir que vous le trouvez bon.

J'ai pressé Messieurs de l'extraordinaire de la guerre de nous envoyer de l'argent pour subvenir à l'entretien des garnisons et au paiement des prêts et montres de l'armée, pour empêcher la désolation du pays, ainsi qu'il vous avoit plû me mander par une dernière dépêche. Mais ils m'ont fait réponse qu'ils n'avoient aucun ordre pour l'armée ni pour les garnisons d'Italie. Je vous supplie très-humblement, Monseigneur, de leur donner des ordres pour cela, et de considérer qu'il n'est pas possible d'entretenir la discipline parmi les troupes sans leur donner un peu d'argent, quelle que soit la sévérité qu'on y apporte.

Je vous demande instamment la continuation, etc.

MAZARIN A LE TELLTER.

2 août 1642.

Monsieur, je vous ai tant de fois assuré de la continuation de mes services, qu'il n'est nécessaire de vous en donner à présent de nouvelles confirmations, et la présente est pour vous remercier des nouvelles que vous m'écrivez et vous dire que je ne manque pas en toutes les occasions qui se présentent de faire valoir vos services, faisant entendre avec quelle aflfection et diligence vous vous comportez, en tout ce qui regarde le service du roi.

J'ai procuré, le plus qu'il m'a été possible, le prompt envoi d'un général en l'armée de Piémont. M. le duc de Longueville partira demain d'ici pour se rendre en diligence au lieu où vous êtes. Il sollicite que l'on vous envoie de l'argent, et je m'assure qu'il yen aura pour

subvenir à toutes les choses nécessaires. J'ai parlé en votre faveur à mondit sieur de Longueville, et je crois qu'il aura égard à la recommandation que je lui ai faite de votre personne. Je Tai pleinement informé par ordre de Son Eminencedetoutcequi se pourroit faire en Italie. Et parce que vous en pourrez apprendre les particularités de lui, je ne vous en entretiendrai (pas), et je finirai la présente en vous donnant avis que la santé de Son Eminence se fortifiant de jour en jour, nous espérons continuer bientôt notre voyage pour nous rendre près de la personne du roi. Sur quoi, etc....

(Passage d'une lettre du 6 août, du même).

Il n'y a rien qui importe le plus pour le service du roi comme la bonne intelligence et union de ceux qui le servent; c'est pourquoi je vous conjure d'y apporter tous les soins de votre côté, en écrivant tout de mesure à MM. d'Aiguebonne et Du Plessis-Praslin.

LE TELLIER A MAZARIN. — EXTRAIT

13 août 1642.

Monseigneur, j'ai vu par la lettre de Votre Eminence à M. Du Plessis qu'elle trouve à redire qu'on ait tenu un conseil de guerre dans Turin sans y avoir appelé M. d'Aiguebonne, ce qui m'a étonné, car il ne s'est tenu aucun conseil de guerre de ma connoissance, que la conférence qu'ont eue ces Messieurs avec M. le prince Thomas qui nous assembla dans son logis, et ce fut M. d'Aiguebonne qui prit l'ordre de M. le prince Thomas, nous expliqua les propositions que feroit M. le prince Thomas, et trouva bon qu'on ne s'engageât point à aucun grand dessein, mais qu'on invitât

seulement M. le prince à attaquer Cressentino, afin de lui donner occasion de se déclarer pour le service du roi contre les Espagnols. Et après cette résolution nous ât partir pour nous rendre au palais où M. le prince Thomas avoit son logement, de sorte que si M. d'Aiguebonne n'a pas assisté à cette conférence, il ne s'en peut prendre qu'à lui-même, puisque c'étoit lui qui prenoit le soin de la provoquer ; ce qui est si véri* table que j'en prends pour témoin M. de Gastellan, qui est homme d'honneur et auquel avec raison Votre Eminence a grande confiance.

Je me suis bien aperçu de la recommandation de Votre Eminence en ma faveur auprès de M. de Longueville à soh arrivée. C*est une continuation des témoignages de la bienveillance que je ne mérite pas, dont je lui rends grâces très-humbles en lui protestant que j'essaierai à vivre en sorte qu'elle n'aura pas de reproches de ma conduite et qu'elle connoîtra que je suis avec tout respect, etc....

MAZARIN A LE TSLLIBR.

15 août 16 12.

Je VOUS fais ces lignes pour vous prier de faire payer dix pistoles à chacun des officiers qui sont venus avec M. de Gastellan pour conduire en cette ville M. le duc de Bouillon, suivant le rôle que vous en donnera M. de Montpezat, vous assurant que je procurerai que vous soyez remboursé au plus tôt de ce que vous fournirez pour ce sujeti et (je) vous en réponds en mon particulier. Vous prendrez garde, s'il vous plaît, de ne payer les dix pistoles qu'aux officiers q»ii repassent les monts et s'en retournent à l'armée d'Italie.

Ledit rôle sera signé de M. de Gastellan, et lesdits

ofliciers seront au nombre de vingt-six. Mais j'entends que Ton (ne) paie qu'à ceux qui repasseront les monts comme dessus. Et de plus, je vous prie que cela ne leur soit (pas) précompté sur leur montre. Gela leur étant accordé en considération du service qu'ils ont rendu en cette occasion.

MAZARIN A LE TELLIER

18 août 1642.

Monsieur, j'ai reçu avec une grande joie votre dépêche du douzième du présent mois, par laquelle j'ai appris la prise de la ville de Gressentino, et je vois par même moyen des témoignages de la continuation de yotre bienveillance en mon endroit, dont je vous remercie et du soin que vous prenez de me tenir informé de tout ce qui se passe par delà.

Pour réponse à votre autre dépêche du 30 passé, je n'ai autre chose à vous dire, sinon que je procurerai que M. de Gastellan soit remboursé, ainsi qu'il est raisonnable, des frais par lui avancés, en la conduite qu'il a faite en cette ville de la personne de M. le duc de Bouillon, et tiendrai la main à ce qu'il ait satisfaction.

M. de Montpezat vous rendra une lettre par laquelle je vous priois de payer dix pistoles à chacun des ofliciers d'infanterie qui ont accompagné M. de Bouillon et que M. de Gastellan m'a dit être au nombre de vingtsix, suivant le rôle qu'il vous a envoyé ; bien entendu pourtant que l'on ne devra payer les dix pistoles qu'à ceux qui eflfectivement seront retournés de delà. Le sieur de la Motte qui vous rendra cette dépêche (est) je crois compris dans ledit nombre. C'est pourquoi lui ayant fait donner cinquante pistoles pour son voyage,

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