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354 12.13 JANVliSa 16i3.
minerez, s'il vous plaît, car Ton s'en rapporte entièrement sur vos soins et la connaissance que vous avez (le la valeur des choses par delà.
Je n'ose vous parler de la perte que nous avons tous fait en général et en particulier, pour ne renouveler des plaies dont le sentiment est mortel à mon cœur, si ne puis-je conclure cette trop longue lettre sans vous en recommander la mémoire et vous conjurer, par l'honneur dont vous faites profession, de ne souffrir que les François reconnoissent moins ce qui est dû au nom de cet homme incomparable, que les ennemis de la France qui l'avouent pour le phénix de son siècle. Je serai toute ma vie en mon particulier, Monsieur, etc.
LETTRE DU ROI A LE TELLIER
12 janvier 1643.
Monsieur Le Tellier, ayant donné au sieur de Ghampigny, intendant de la justice, police et finances en Lyonnois, le soin principal des recrues de mon armée d'Italie, je l'ai particulièrement chargé de tenir bonne correspondance avec vous, et je désire que vous la gardiez semblablement envers lui sur le sujet desdites recrues dont vous ayant plus amplement informé par une autre dépêche, je ne vous ferai celle-ci plus longue que pour prier Dieu, etc.... Ecrit à Saint-Germain-en- Laye, le 12 janvier 1G43.
Signé : Louis, et plus bas, Sublet.
LETTRE du ROI A LE TELLIER.
13 janvier 1643.
Mtmsieur Le Tellier, m'ayant été représenté de la part de ma sœur la duchesse de Savoie diverses choses
pour le soulagement du Piémont, et entre autres que chacun des maréchaux de camp de mon armée d'Italie prétend d'exiger pendant l'hiver quarante places par jour, et les autres officiers d'être payés de leur quartier d'hiver absens comme présens, et que lo plat pays est ruiné des contributions que les gouverneurs des places en tirent, je vous fais cette lettre pour vous diix) que mon intention est que les maréchaux do camp n'aient que le même appointement qu'ils ont servant dans mon royaume qui est de cinq pistoles par mois, et ce pour les présens seulement.
Qu'il ne soit payé aucun chef ni officier absent quoiqu'avec congé, si ce n'est qu'il soit employé actuellement aux recrues. Voulant que ceux-là soient réputés pour présens et que vous ayez soin do leur conserver leurs fonds.
Qu'ayant pourvu au paiement des garnisons et déjà envoyé leurs fonds pour les quatre premiers mois de la présente année, j'entends que vous empêchiez que les gouverneurs des places ne tirent aucune contribution des habitans d'icelles ni des lieux voisins, sous prétexte de l'entretien clés garnisons ou quelque autre que ce puisse être, à peine de concussion, suivant les défenses que j'en ai faites diverses fois, à quoi je mande au sieur de Saint-André-Monbrun de tenir exactement la main. Vous recommandant au surplus d'employer tous les soins et l'autorité qui dépendent de vous, pour faire que mes troupes vivent en si bon ordre dans leurs quartiers que les habitans du Piémont s'en trouvent soulagés et m'assurant que vous y apporterez votre affection et vigilance accoutumées. Je ne vous ferai la présente plus longue que pour prier Dieu, etc.... Ecrit à Saint-Germain-en-Laye, le 13 janvier 1643. Signé : Louis, et plus baa^ ^\iv»\JErt.
LETTRE DU ROI A LE TELLIER
13 janvier 1643.
Monsieur Le Tellier, sur ce qui m'a été représenté de la part de ma sœur la duchesse de Savoie pour la ville de Turin, qu'il souffre une charge excessive par la fourniture qu'elle fait de neuf cens lits sur le pied de deux mille sept cens soldats, bien qu'il en ait à présent beaucoup moins dans la garnison par le loyer de grand nombre de chambres qu'elle paie sur le même pied ; pour la fourniture du bois et chandelles pour trente-deux corps-de-garde ; par le logement de tous les officiers-majors qui prétendent conserver leurs logis pendant toute l'année, bien qu'absens ; par le logement et l'ustensile aux officiers de ladite garnison et de ceux de l'état-major de chaque régiment, et par la même fourniture qu'elle fait à la compagnie de carabins qui est en ladite ville, ce que l'on assure monter à cent soixante mille livres par an. Et, qu'en outre, lesdits habitans reçoivent un grand dommage du dégât qui se fait de leurs foins aux environs de la ville, que les officiers qui sont tant en garnison qu'autrement envoient manger par leurs chevaux ou les coupent et enlèvent.
Mettant en considération toutes ces charges et incommodités, je vous fais cette lettre pour vous dire que vous ayez à vous assembler avec les sieurs d'Aiguebonne et de Saint-André-Monbrun, pour aviser aux moyens de soulager ladite ville et de retrancher effectivement tous les abus et contraventions à mes ordres, qui se commettent au fait desdites fournitures; que vous communiquiez sur cela avec les ministres de ma sœur et les officiers- de ladite ville pour leur don-
ner tout contentement raisonnable. Mon intention étant qu'avant toutes choses, vous fassiez faire, aussitôt la présente reçue, en votre présence et en celle desdits sieurs d'Aiguebonne et de Saint-André, une revue exacte de la garnison tant de la ville que de la citadelle, employant à cet effet le sieur Talon, ou en son absence un autre commissaire fidèle, et qu'ensuite, sur le pied de cette revue, vous ordonniez tous trois ensemble la réduction des lits et chambre sur le pied des soldats effectifs, comme aussi le nombre des corps de garde si vous voyez que cela se doive, eu égard à la force de la garnison et la sûreté de la place ; que vous empêchiez qu'aucun officier-major de l'armée n y prenne logement, si ce n'est de ceux qui sont compris au règlement que j'ai ci-devant fait sur ce sujet et qu'il y soit présent, et qu'aucun maréchal de camp ni autres n'y tienne son équipage s'il n'y est en personne. Vous enverrez ceux (les équipages) des absens en tel autre quartier que vous estimerez à propos, où ils seront obligés de les faire vivre à leurs dépens.
Que vous réduisiez le logement et l'ustensile des officiers de la garnison, majors et autres, aux présens et effectifs et à ce qui est porté (prescrit) par mes ordres ; que vous fassiez le semblable pour les carabins ; que vous défendiez très-expressément aux officiers et autres de gâter ou fourrager les foins des environs de ladite ville et d'y envoyer leurs valets ni chevaux, à peine aux valets et soldats de la vie, et à ceux qui les enverront de confiscation de leurs chevaux et telle autre plus grande peine que vous aviserez ; en sorte que je ne puis plus recevoir de plaintes sur ce sujet. Et je vous recommande d'avoir l'œil de temps en temps à ce que les fournitures soient réglées en ladite ville
268 i5 JANVIER 1643.
sur le pied des effectifs, comme aussi de faire que semblable bon ordre soit observé ès-autres villes de Piémont, vous assurant que vous ne sauriez faire chose qui me soit plus agréable, et sur ce je prie Dieu, etc.... Ecrit à Saint-Germain-en-Laye, le 13 janvier 1643.
Signé : Louis, et plus bas, Sublet.