‹ Michel Le Tellier, son administration comme intendant d'armée en Piémont, 1640-1643Chapitre 71 sur 178 · LXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXII INTRODUCTION

hommes d'élite. Une lettre du roi à Le Tellier porte ceci : « Des soldats prennent la li- » cence de quitter leur régiment pour entrer » dans de nouvelles levées ou dans des recrues » qui passent d'un régiment à un autre. J'ai * expédié une ordonnance autorisant tous capi- » taines et officiers de reprendre leurs soldats » où ils les trouveront (^). » De son côté, Des Noyers écrit à Le Tellier : « H importe grande- » ment d'envoyer de bons commissaires à l'en- » trée des recrues en Italie, et d'empêcher soi- » gneusement que les vieux corps n'envoient des » hommes au-devant des recrues, et par ce » moyen en enflent le nombre sur le papier (^) . » Le roi, dans une autre lettre, se plaint de l'extrême licence que prennent les soldats, des troupes de delà, de passer de Tun à l'autre régiment sans congé. Les officiers des régiraens qui n'avaient pas deux cens hommes, n'ont pas laissé d'être payés au complet, ce qui a causé une dépense extraordinaire. « J'ai fait expédier » une ordonnance pour empêcher cet abus ('). » Les pertes éprouvées en campagne par l'armée, ne sont pas équitablement appréciées.

(i) Letti*e du roi à Le Tellier, du il janvier 1642, p. i51.

(2) De8 Noyers à Le Tellier, 9 juin 1642, p. 195.

(3) Lettre du roi à Le Tellier, 22 juillet 1642, p. 201.

INTRODUCTION. LXXIH

« Ceux qui dans la cavalerie, dit Le Tellier, ont » maintenu leur corps en bon état, par leurs » soins, aux dépens de leur bourse, trouvent » bien dur de recevoir moins d'argent que ceux » qui les ont laissé périr par avarice. Et ceux » qui ont perdu leurs soldats et équipages en » gardant des postes avancés croient qu'on » doive faire considération sur les pertes qu'ils » ont faites en servant utilement. » Il propose un mode de rémunération d'accord avec le comte d'Harcourt, Mazarin et les maréchaux de camp (*). »

Ce sujet était une question qui revenait souvent à la pensée des chefs d'administration, et il suggère à Des Noyers des réflexions pleines de noblesse : « Je ne doute pas que M. le duc de » Longueville ne vous communique la dépêche

* que je lui écris sur les officiers, tant de cava- » lerie que d'infanterie qui ont négligé de recruter » leurs compagnies ; ils ont été assez lâches » pour les amener à l'armée plus foibles qu'elles » n'étoient avant qu'ils eussent touché l'argent

* de leurs recrues; d'où s'est ensuivi le misé-

* rable état auquel on a vu toutes nos armées, » durant cette campagne, à la honte des géné-

(1) Lo Tellier à Des Noyers, 4 décembre 1640, p. 31.

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