‹ Michel Perrin, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 13 sur 69 · ACTE I SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I SCENE IV

BERNARD^ repoussant cette idée.

Al.!

PERRIN 5 sérieusement.

Qu'il y prenne garde , Bernard ! l'honneur d'un soldat doit être pur et sans tache ! Le secret d'un ami est , pour tout honnête homme, comme le secret du confessionnal : il doit mourir dans le sein de celui qui l'a reçu. (Changeant de ton.) Qui te dit , d'ailleurs, que ce jeune homme n'est pas à Paris pour toute autre chose?., pour faire sa soumission , pour prendre du service? il est peut-être de l'armée de réserve !

BERNARD 5 af^'ec j'oie.

Vous croyez ?

PERRIN

Laissonsfaire le premier Consul, mes enfiins; il n'est pas maladroit j voyez-vous ; et dès que le gouvernement pense que...

THÉRÈSE , posant la casserole sur la table.

Allons, laissez là le go.ivernemeut , et déjeunez. ^ {\A'Uys «^i*-**-*^

Thérèse;! raison! laissons le gouvernement tranquille, et déjeunons!.-. (A Thérèse.) Mets-loi lu, ma petite... eritie nous i\ii\\\. ( Thérèse s'assied à table entre Bernard et Perrin,) Une odeur excellente , ce CHfe!.{i Chère enfant, c'est que maintenant c'est toute ma joie!... {Regardant Thérèse.) Je la vois encore , quand elle est venue m'ouvrir la porte!., sa petite mine... une toilette modeste... avec sa petite croix au cou... ( La regardant ai^ec surprise. ) Eh bien ! Thérèse, où est-elle donc, ta croix?

THÉRÈSE , embarrassée.

Ma croix !. ..

PERRIN

C'est celle de ta mère... elle ne doit jamais te quitter.. i Klle n'est pas perdue . j'espère?

THi-RÈSE , embarrassée.

Non... non j mon oncle... je Tai donnée,., hier matin à raccommoder.

r8 MICHEL PERRIN.

BERNARD , nawemeril.

Bah! vous l'aviez encore hier soir... ( Thérèse lui marche sur le pied,) Oh ! . . .

PERRIN

Qu'est-ce que c'est?

BERNARD

Rien..; rien... citoyen Perrin... j'ai rencontré le pied de la table...

PERRTN.

Mais, enfin celte croix ?...

BERNARD , satts voiv Iss sîgnes de Thérèse.

Mon Dieu! il ne faut pas vous inquiéter, allez... c'est qu'elle n'ose pas vous dire... ça arrive tous les jours, dans nos états! .. Un moment de gène, un surcroît de dépenses... qu'on n'attendait pas...

v^i^Kmj frappé.

Ah !.. j'entends!.., ( Il se lève lentement et jette sa serviette sur sa chaise. )

THÉRÈSE

Eh bien! mon oncle... qu'avez-vous donc ?

PERRIN , ému.

Rien!... rien... je n'ai plus faim.

THÉRÈSE, se hi^anU Comment... vous qui tout-à-l'heure...

PERRIN , de même, .

Oui, je croyais... on s^'imagine , comme ça... que le grand air... l'exercice... et puis, pas du tout... c'était une fausse faim.

THÉRÈSE , allant à lui.

Ah! mon oncle , je vais croire que mon tafé, ..

PERRIN , plus ému.

Ton café , chère enfant!... il est comme toi... ce qu'il y a de meilleur, de plus parfait au monde ! {Uemhrassafd sur le

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