ENSEMBLE
Oui , chaque matin ,
Mon amour soudain
M'éveiile encore ,
Avant l'aurore ;
Et me dit tout-bas :
Viens , ne tarde pas ,
Le bonheur conduira tes pas^
THÉRÈSE , souriant.
.— — Vous veniez finir notre armoire , n'est-ce pas?
BERNARD , gaiment.
J'allais me mettre à l'ouvrage. {Otant son bonnet et re* troussant ses manches , ) C'est commode , tout de même , d'avoir apporté un établi dansx'te petite cuisine , qui ne servait pas à grand 'chose.
THÉRÈSE 5 soupirant.
0 mon Dieu! i\ rien du tout... par de bonnes raisons.
BERNARD
Ça fait' qu'en passant, je puis donner un coup de rabot à vol' mobilier; el plus tard , ça fera mon cabinet de travail.
4 MICHEL PEKRIN.
THÉRÈSE y posant le pain et le lait.
Sur quoi aviez-vous donc besoin d'un conseil, (oul-àl'heure ?
BERNARD , ap'ec eiiibarvas.
Oh! sur rien... Une affaire de menuiserie... une persienne qui vient tout de travers...
TiïÉRi-sE, le regardant.
Vous meniez, monsieur Bernard.
BERNARD
Moi?...
THÉRÈSE, 7ô menaçant.
Vous mentez 5 ce n'est pas cela.
Air : de la Fiancée du Poitou,
Car vous avez rougi ,
Et j'en étais bien aise :
Je m' disais, n' vous déplaise,
Dès qu'il s'ra mon mari
Il n' pourra pas , je gage ,
Me tromper en ménage
Sans qu' je F sache, avant lui î
BERNARD , rlajlt.
Vous croyez?
THÉRÈSE
Ensuite... depuis deux jours... vous êtes triste... inquiet?
BERNARD , à part.
Est-ce qu'elle aurait vu mon jeune homme? (Haut.) Moi? du tout...
THÉRÈSE j Virement.
Comment , monsieur , vous n'êtes pas triste , malheureux 5 quand noire mariage est encore retardé... Ah! bien! c'est joli!...
Si fait. c. Qu'est-ce que je dis donc?... je suis furieux!.,. Mais pourquoi notre mariage est-il retardé?