ACTE II, SCENE VIT. ^i
Et voulez- VOUS que je vous dise quelque chose.
PERRiN, a^ec empressement.
Oui, vous me ferez plaisir.
DÉSAUNAIS.
Eh ! bien ; je vous avais deviné!... un autre à ma place aurait dit... voilà un lourdaud !.. un rustre... un homme incapable!., moi, au contraire, je me suis dit,,, voilà un homme essentiel., , d'autant plus extraordinaire , qu'il n a pas lair d'y toucher... et la preuve, c'est que j'avais déjà préparé un rapport particulier sur vous!., tenez, (Il lit ce quilawait commencé,) « Je propose au ministre de remercier )) le citoyen Michel Perrin.... (Êcrwant.) De ses services... et » de lui accorder une gratification de douze cents francs!.. »
PERRIN f vwement.
Je ne les prendrai pas. '
DÉSAUNAIS.
Pourquoi donc?
PCRRIN.
Parce que je n'ai encore rien fait !.. '
DÉSAUNAIS.
Fuen fait!...
PERRIN
Plus tard... jene dis pas, nous verrons!., mais il ftut avoir travaillé autrement que ça... {Changeant de ton.) Voyons un peu... je venais vous dire...
DÉSAUNAIS.
Du nouveau?... encore!., attendez... je suis à vous !.• quelques ordres à expédier pour achever... ce que vous avez si bien commencé!.. (À part,) Quel homme précieux !... et quelle bciise j'allais faire!.. (// court à son bureau et écrit quelques mots^ tout debout.)
pERRijs , à part.
Qu'est-ce que j'ai donc si bien commencé? décidément, je crois que le chef de division aime un peu trop à rire !.. {Allant {>ers la fenêtre,) Pourvu que Thérèse ne s'impatiente pas... non..., elle m'attend sur le quai....
( Il lui fait des signes, )
DÉsAUNAis, écrwant et sonnant en même temps,) ( Un huissier entre un instant après. )
Interroger ce Chapotel.... lui dire que Ton. sait tout
{A lui-même,) Je ne sais rien , mais c'est égal... {Ecrwant)
Qu'on lui promette sa grâce s'il nqmme ses complices.
{Donnant le papier à V huissier (jui est em ^é,) Bureau de M. Verat!... allez vite, et que Ton me tienne au courant!... {Retenant à Perrin,)YA\\ bien, mon cherPerrin ?...
PERRIN
/ Il ne faut pas vous offenser... si je viens vous parler encore / de détails... d'amourettes...
DÉSAUNAIS.
Pourquoi donc, mon cher? il ne faut rien négliger!... souvent les plus petites choses...
PERRIN
Il faut vous dire qu'il y a un jeune homme nommé Bernard, soldat d'Arcole....
DÉsAuwAis , faisant un mouvement.
Bernard ! soldat d'Arcole !... Vous vous en occupez ?
PERRIN
Beaucoup.
DÉsAUNAis , à part.
Est-il étonnant ! je ne lui ai rien dit, je ne lui en ai pas ouvert la bouche , et il est déjà à la piste... {Haut,) Eh bien ! mon cher , ce Bernard?...
PERRIN
. Il m'inquiète.
DÉSAUNAIS.
Moi aussi !