‹ Michel Servet et CalvinChapitre 41 sur 49 · PEINE · texte numérisé non relu

PEINE

Lorsque, en dehors des conditions de ce duel, auxquelles il ne pouvait pas se soustraire, Servet parle, en son propre nom et doctrinalement, du droit d'examen, il se prononce pour la liberté. Ainsi dans les déclarations émouvantes de ses divers interrogatoires, ainsi dans la Restauration.

Pour obtenir une condamnation à mort, ses persécuteurs ont invoqué, non seulement des griefs tliéologiques, mais aussi le crime de libre pensée. Servet est donc mort victime du calvinisme et martyr de la pensée libre.

Aux tourments qu'on lui fit subir en prison, faut-il ajouter la menace de la torture ? Elle était dans les intentions de Calvin, s'il faut s'en rapporter à Castellion. En un dialogue fictif entre le Réformateur et un certain Vaticanus, qui personnifie Castellion, on trouve cette révélation :

Calvin. — Les papistes ne permettent pas aux martyrs de se défendre par la parole de Dieu.

Vaticanus. — Si! On le leur permet, comme tu l'as permis à Servet, en les prévenant qu'ils périront s'ils ne se rétractent.

Calvin. — On commence par ne leur octroyer nulle défense...

23r) MICHEL SERVET ET CALVIN

Vaticanus. — Tu as commencé par emprisonnei Servet et par refuser la parole non seulement à tout ami de Servet, mais à quiconque n'était pas son ennemi, témoin Gribaldi, que tu as repoussé avec tant de hauteur.

Calvin. — Ils condamnent sans entendre.

Vaticanus. — N'être pas entendu ou être entendi comme Servet, qu'importe, quand on est aux mains de ses ennemis, et que, quoi qu'on dise, bien ou mal, oi n'a que la mort à attendre !

Calvin. — Ils traînent les pauvres gens à la torture,

Vaticanus. — Si je suis bien renseigné, on avaii apporté la géhenne, et c'est grâce à l'intervention d( Pierre Vandal, conseiller, ennemi de Calvin, que Serve fut épargné.

M. Ferdinand Buisson, qui cite ce passage de Castellion, met en note : « Les registres ne donnent naturel lement pas de renseignements sur cet incident (l'incident de la torture proposé par Calvin contre Servet) qui s'il s'était produit, n'y pouvait pas laisser de trace. Castellion tenait sans doute l'assertion de Vandal ou d( Trolliot! »

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