‹ Michel Servet et CalvinChapitre 9 sur 49 · POLÉMIQUES AVEC LES RÉFORMÉS. — CECOLAMPADE, CAPITON ET BUCER · texte numérisé non relu

POLÉMIQUES AVEC LES RÉFORMÉS. — CECOLAMPADE, CAPITON ET BUCER

Le jeune Michel Servet, espagnol à Tâme chevaleresque, à l'esprit tumultueux et de hautaine indépendance, aux mœurs pures, pensa que le progrès spirituel ne consiste pas à passer d'un joug à un autre et à changer de servitude. Si la liberté d'examen qu'on venait de proclamer n'était pas un mensonge et un piège, il pouvait bien, ainsi que Luther en avait donné l'exemple au monde, se faire à lui-même sa religion, comprendre le christianisme à sa manière d'après les intuitions de son esprit, les conclusions de sa bonne foi et les découvertes de son savoir. Il le pouvait d'autant plus qu'il ne se proposait pas de faire de ses croyances une profession lucrative, un métier dont on tire honneurs et honoraires. 11 avait pour seule ambition d'être le serviteur indépendant d'idées religieuses : un doctrinaire de l'individualisme, un franc-tireur, si on peut dire, de la Réforme.

Dès que ses études, faites en commun avec certains écoliers de Toulouse, sous l'inspiration de la Bible et

avec Taide de quelques franciscains gagnés au mysticisme, dès que ses réflexions personnelles l'eurent amené à rejeter le dogme trinitaire, nétait-ce pas son droit, ou plus exactement son devoir, de combattre la Trinité, cette forme de polythéisme persistante dans la théologie chrétienne?

Servet, en cette circonstance, ne cédait pas à une fantaisie juvénile ; sa conviction n'avait rien d'improvisé. Pendant deux ans, de 1529 à 1531, ses méditations et ses recherches s'étaient portées sur le grave problème de l'unité divine. Singulière et noble existence que celle de cet adolescent, de ce jeune homme de vingt ans à peine qui se condamne aux études les moins printanières, les moins souriantes, pour la seule gloire de Dieu, le salut de ses semblables, et va s'exposer à tous les périls, à toutes les calomnies, à toutes les misères, pour l'unique intérêt de « la vérité divine? »

Si on se place au point de vue de la science, le théologien Servet a pleinement raison dans sa lutte contre le trinitarisme. Ce dogme étrange n'appartient pas, en efïet, à l'Évangile. Il est en contradiction avec l'esprit juif et avec tout ce qu'on peut connaître des enseignements de Jésus ou prêtés à Jésus par les premiers organisateurs de la légende chrétienne. On n'en trouve aucune claire mention dans le Nouveau Testament, sinon à l'état d'additions suspectes et de versets interpolés.

D'emblée le théologien espagnol arrive sur un point essentiel à la connaissance de la vérité scripturaire et se place en avant de Luther, de Zwingle, des premiers propagateurs du protestantisme.

Confiant dans la bonté de sa cause, il se fait sans hésiter le chevaher errant de ses idées. A vingt-deux ans, il entreprend un voyage en Allemagne afin de gagner à ses doctrines les théologiens les phis illustres.

A Bàle, il rencontre le célèbre docteur Jean Hausschein, plus connu sous le nom d'Olicolampade, et lui expose ses théories antitrinitaires. CEcolampade, surpris, scandalisé par l'audace de ce jeune novateur, le repousse avec indignation, le chasse de chez lui en l'appelant « juif, musulman, blasphémateur, possédé du démon ». Il lui écrit : « Je vois comme tu t'éloignes de nous en préchant les folies des juifs » (i).

Cette première expérience de l'aménité huguenote ne décourage pas Servet. Le langage épais et violent venait sans effort et en abondance, en ce siècle de dogmatisme, sur les lèvres théologiques. Bossuet a noté malicieusement ce travers dans une page d'étincelante ironie.

« Les disputes entre Luther et Carlostad avaient excité de grands mouvements à Orlamonde. Luther y fut envoyé par le prince pour apaiser le peuple ému. Dans le chemin il prêcha à Jene en présence de Carlostad, et ne manqua pas de le traiter en séditieux. C'est par là que commença la rupture. J'en veux ici raconter la mémorable histoire, comme elle se trouve parmi les œuvres de Luther, comme elle est avouée par les luthériens, et comme les historiens protestants l'ont rapportée. Au sortir du sermon de Luther, Carlostad le vint trouver à 1' « Ourse noire » oii il logeait ; lieu remarquable dans cette histoire pour avoir donné le commencement "à la guerre sacramentaire parmi les nouveaux reformés. Là, parmi d'autres discours, et après s'être excusé du mieux qu'il put sur la sédition, Carlostad déclare à Lutlier qu'il ne pouvait souffrir son

(1) Les éditeurs strasbourgeois des œuvres deCalvin, MM. Reuss, Baum et Cunitz, ont inséré, au tome VI II des Calvini opéra, pp. 856-860, une lettre de Servet répondant à deux lettres dXCcolampade. Dans la lettre de Servet se trouve cette affirmation de théologien tolérant et de libre penseur : « Il est abusif de mettre

mort des gens parce 'ju'ils errent quant au sens des livres saints. >

opinion de la présence réelle. Luther, avec un air dédaigneux, le défia d'écrire contre lui et lui promit un florin d'or s'il l'entreprenait. Il tire le florin de sa poche, Carlostad le met dans la sienne. Ils touchèrent en la main l'un de l'autre en se promettant mutuellement de se faire bonne guerre. Luther but à la santé de Carlostad et du bel ouvrage qu'il allait mettre au jour. Carlostad fît raison et avala le verre plein ; ainsi la guerre fut déclarée à la mode du pays, le 22 d'août 1524. L'adieu des combattants fut mémorable : Puissé-je te voir sur la roue^ dit Carlostad à Luther. Puisses-tu te rompre le cou avant de sortir de la ville ! L'entrée n'avait pas été moins agréable. Par les soins de Carlostad, Luther, entrant dans Orlemonde, fut reçu à grands coups de pierres et presque accablé de boue (1). »

« Que dirai-je encore des bouffonneries aussi plates que scandaleuses dont Luther remplissait ses écrits? Je voudrais qu'un de ses sectateurs des plus prévenus prît la peine de lire seulement un discours qu'il composa du temps de Paul III contre la papauté, je suis certain qu'il rougirait pour Luther, tant il y trouverait partout, je ne dirai pas de fureur et d'emportement, mais de froides équivoques, de basses plaisanteries et de saletés ; je dis même des plus grossières, et de celles qu'on n'entend sortir que de la bouche des plus vils artisans. « Le pape, dit-il, est si plein de diables, qu'il en crache, qu'il en mouche. » N'achevons pas ce que Luther n'a pas eu honte de répéter trente fois. Est-ce là le discours d'un réformateur? « Mais c'est qu'il s'agit du Pape » ; à ce seul mot il rentrait dans ses fureurs et il ne se possédait plus. Mais oserai-je rapporter la suite

(1) Bossuet, Histoire des variations des églises protestantes^ tome I, p. 67. Paris, Garnier frères.

de cette invective insensée ? Il le faut malgré ses horreurs, afin qu'on voie une fois quelles furies possédaient ces chefs de la nouvelle Réforme. Forçons -nous donc pour transcrire ces mots qu'il adresse au Pape : <^ Mon petit Paul, mon petit pape, mon petit ânon, allez doucement : il fait glacé, vous vous rompriez une jambe ; vous vous gâteriez; et on dirait : Quel diable est ceci? Comme le petit papelin s'est gâté. » Pardonnez-moi, lecteurs catholiques, si je répète ces irrévérences. « Pardonnez-moi aussi, 6 Luthériens, et profitez du moins de votre honte. » Mais après ces sales idées, il est temps de voir les beaux endroits ; ils consistent dans ces jeux de mots : Cœlestissimusy scelestissimus, sanctissimus, satanissimus : et c'est ce qu'on trouve à chaque ligne. Mais que dira-t-on de cette belle figure? « Un âne sait qu'il est âne, une pierre sait qu'elle est pierre, et ces ânes de papelins ne savent pas qu'ils sont des ânes. » De peur qu'on ne s'avisât d'en dire^ autant de lui, il va au-devant de l'objection. « Et, dit-il, le Pape ne me peut pas tenir pour un âne : il sait bien que je suis plus savant dans les Écritures que lui et que tous ses ânes. » Poursuivons ; voici le style qui va s'élever : « Si j'étais le maître de l'Empire... » ; oii ira-t-il avec un si beau commencement? « Je ferais un même paquet du Pape et des cardinaux, pour les jeter tous ensemble dans ce petit fossé de la mer de Toscane. Ce bain les guérirait; j'y engage ma parole, et je donne Jésus- Christ pour caution (1). »

Calvin n'était ni moins vulgaire, ni moins violent; il écrit : « Nous faisons trop d'honneur à ces bestes cornues de les appeler évêques. Le titre de pape' ne convient non plus à ce brigand qui a occupé le siège de Dieu... »

(1) Bossuet, Histoire des vai-iaticns des e'glises protestantes. Paris, Garnier frères, p. 53.

Persuadé qu'il ne parviendrait pas à convaincre OEcolampade, et ne se souciant guère d'entendre à nouveau les injures de ce frère en hérésie, Servet « s'en alla à Strasbourg pour conférer de la Sainte Escripture avec Martin Bucer et Capiton, qui étaient estimés savants. » Bucer vit en Servet un démoniaque; Capiton se montra plus réfractaire au scandale et accorda à Tantitrinitaire une attention moins furieuse.

Médiocrement satisfait de sa propagande orale, Servet voulut recourir à la propagande écrite. Avant de quitter Bâle il remit au libraire Conrad Buss, pour qu'il l'imprimât, le manuscrit d'un traité contre les erreurs des trinitaires. La vigilance des théologiens suisses ayant empêché cette publication, il partit pour Haguenau et fit imprimer en Alsace son livre des Erreurs de la Trinité (1), qui fut supprimé à Ratisbonne.

Cette œuvre originale, d'une piété ardente et d'une audace toute en jeunesse, fut remarquée en Allemagne, en Suisse et surtout en Italie, où, plus tard, Servet trouva des disciples.

Une tempête de menaces et d'invectives s'abattit, au début, sur l'adolescent. Catholiques et réformés unirent leurs voix dans un concert d'imprécations. Pour les premiers. Fauteur du livre sur les « Erreurs de la Trinité était à un musulman retour d'Afrique, » un « disciple de l'Alcoran », et, ô abomination de la désolation : u juif! Il travaillait « contre tous les protestants chrétiens au profit du grand Turc. »

Aux réformés, Servet semblait plus odieux encore D'après OEcolampade, il était un péril pour la Réforme une hydre nouvelle, bien qu'il se déclarât l'ennemi di:

(1) De Trinitatis en^oribus libri VII, par Michaelem ServetC alias Reues, ab Aragonia Hispanum, 1531 (Haguenau, Jean Ces serius (Setzer), 120 ti'. petit in-8o).

pape. « Je souhaite, écrivait-il, la suppression des écrits de Servet; si nous les tolérions, les églises nous ren^ dant responsables de si odieux blasphèmes, nous prendraient en haine. »

Bucer osa dire, en pleine chaire, qu'il faudrait <( arracher les entrailles à cet Espagnol et Técarteler en suite (1). »

A quelque temps de là, le libraire Conrad Buss. qui s'était chargé d'exposer en vente l'ouvrage de l'adolescent espagnol, étant venu à mourir, cette mort apparut comme un châtiment du Ciel. Dieu pouvait-il ne pas punir les propagateurs d'une hérésie si manifestement abominable ?

Le chef du parti luthérien à Strasbourg, Nicolas Gerbel, fit savoir qu'on ne devait pas permettre la vente d'un livre où se lisent des impiétés de cette sorte : « Christ n'est pas Dieu par nature, mais par grâce. » La mort, ainsi que s'exprime l'apocalypse, était dans la chaudière.

Nous possédons, sur les démêlés de Servet avec les réformateurs, des renseignements d'une certaine exactitude ; en premier lieu, ce récit de Bullinger :

(( Cette année 1530, j'étais présent à un entretien que Zwingle eut avec le pieux et aimé de Dieu docteur Œcolampade et avec Capito et Bucer, entretien dans lequel ils cherchaient comment et par quels moyens la vraie et saine vérité évangélique pourrait être conservée et avancée malgré la grande opposition et la résistance de beaucoup de gens. Alors OEcolampade se plaignit

1) Lettre de Calvin à Sulzer, 1553. — Ce propos, rapporté par Calvin est-il exact? Le pasteur Dardier a se refuse absolument à ajouter foi à une menace si féroce. Ce n'est pas, dit-il. la première fois que nous prenons Calvin en flagrant délit... d'exagération. Tout lui semblait bon pour perdre et déshonorer un ennemi. »

de ce qu'il y avait à Bâle un Espagnol bien imprudent et obstiné, Michel Servet, qui venait d'élever des questions horribles et qui était un arien. Il ajouta qu'il était à craindre qu'il ne communiquât ses opinions abominables non seulement à lui dans ses conférences, mais aussi à d'autres. Zwingle dit alors : « Frère (Ecolampade, tu as bien raison d'y veiller, car la fausse et mauvaise doctrine du méchant et scélérat Espagnol pourrait bien détruire toute notre religion chrétienne. Car, si Jésus- Christ n'est pas vrai et éternel Dieu, il ne serait pas et ne pourrait pas être notre Sauveur ; et tout ce que les saints prophètes et apôtres et les Églises ont enseigné, et dont nous sommes plus que sûrs, serait faux : Dieu nous préserve que de pareilles horreurs se répandent parmi nous, aujourd'hui et jamais. C'est pourquoi fais-y attention de bonne heure et repousse-le sérieusement. Réfute ses arguments futiles, et essaye si tu peux le gagner à la vérité par des raisons claires et nettes. » CEcolampade répondit : « J'ai tout essayé avec lui, mais il est orgueilleux et il aime tant les disputes que rien n'a la moindre influence sur lui. » Zwingle dit : « Cette affaire est une chose insupportable dans l'Église de Dieu; tâche donc que cette horrible doctrine, qui blasphème Dieu, ne s'étende point au préjudice de la chrétienté. »

CEcolampade en conséquence écrivit à Servet : ... (( ïu soutiens que l'homme devait se transformer en Fils de Dieu ; mais où tend ce raisonnement? Que le Fils de Dieu n'existait pas avant l'Incarnation. Comment donc est-il sorti du Père ? Comment était-il avant Abraham? Comment a-t-il paru au commencement des jours de l'Éternité? Tu réponds : Je soutiens que le monde est de toute éternité, quoiqu'il ait été créé par Dieu; et c'est la môme proposition de dire que le Fils est depuis la création du monde, ou, en d'autres termes,

depuis son commencement, et qu'il est depuis l'Éternité. Voilà donc la gloire que tu attribues au Fils de Dieu. Tu le fais coéternel à son père de la même manière que le monde. Mais, par ce raisonnement, tu détruis la paternité divine. Si pour toi, en effet, le Fils a commencé (d'être), le Père a aussi commencé. 0 pitié! Celui par qui il a créé les siècles n'a pas plus existé avant les siècles qu'il n'a existé avant le monde, qui fut créé aussi! Voilà comme tu honores le Fils de Dieu. Ta confession est celle-ci : « Nous confessons dans notre foi qu'il est un Dieu tout-puissant, seul, entièrement simple, et en aucune manière composé, qui, par son Verbe et l'Esprit Saint, créa et raffermit toutes choses ; il dit. et elles furent; il ordonna et elles subsistèrent. Nous croyons en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, engendré par le Verbe éternel de son Père et constitué par Dieu pour être notre Sauveur; nous croyons que par son intercession auprès de son Père, son Saint-Esprit nous est communiqué par le ministère des anges; et nous louons, et bénissons, et glorifions tous ses ouvrages comme la gloire et la puissance de Dieu, et nous baptisons au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, à la gloire des dispositions inexprimables de Dieu pour assurer notre salut. » Cette confession, dis-je, un homme simple et sans défiance l'approuverait peut-être. Mais parce que tu as déclaré ton sentiment, je l'exècre comme fausse

« Au reste, j'ai assez vu combien tu diffères de nous ; tu judaïses plus que tu n'annonces la gloire du Christ »

L'accusation de «judaïsme », d'être judaïsant, devait poursuivre Servet pendant toute sa vie. Calvin la reproduira au moment du procès de Genève. Ce levain d'antisémitisme chez les protestants du seizième siècle valait d'être signalé.

Ni les calomnies, ni les appels à la persécution, ni les perspectives de torture et de bûcher ne découragèrent le hardi chrétien. Il fit paraître, en 1532, un nouveau livre à l'appui de sa première publication : les Dialogues sur la Trinité (1).

Quelle est donc cette œuvre qui suscitait des haines furibondes et provoquait dans les Églises de la chrétienté des éclats d'indignation ?

En composant et en publiant ces deux traités, Servet n'avait nullement l'intention de faire acte d'hostilité contre la religion de Jésus. Il entendait, au contraire, servir la cause du Nazaréen et faire aimer la vérité évangélique, compromise et dénaturée, à son avis, par la doctrine trinitaire. Son désaccord avec les théologiens catholiques et les pontifes protestants porte essentiellement sur les mystères impénétrables de l'ontologie qu'il entend autrement qu'eux ; mais sa foi en Dieu, sa dévotion à Jésus-Christ sont plus hautes, plus pures, plus scripturaires que celles des Trithéistes qu'il réfute,

Très enclin aux rêveries de la métaphysique, lecteu assidu de l'Apocalypse, ce livre qui a détraqué tani d'intelligences et mené à la folie des milliers et de milliers de malheureux, amoureux de rinconnaissable, Servet se plait, ainsi que la plupart de ses contempo«« rains à raisonner sur tout ce qui échappe à la raison. I ne renferme pas la religion dans les limites de l'entende^ ment humain ; il lui ouvre l'espace sans bornes, mais non sans ténèbres et sans abîmes de l'imaginatioD métaphysique. Il s'irrite contre les imposteurs qui pré tendent que Dieu est un composé de trois êtres dis tincts, alors que sa nature ne saurait être qu'une &

(1) Dialoyorum de Trinitate libri duo, per Michaelem Serve Alias Reues, ah Araqonia Rispanum. Avec un appendice quatre chapitres : De jus tic ia regni Christi et de Charitale, cap tula quatuor, 1532 (Haguenau, Jean Cesserius, 48 fi", petit in-8°)j

indivisible. Affirmer qu'on croit à un seul Dieu et dire que Dieu existe en trois personnes également éternelles, c'est parler en ignorant, en fou, en blasphémateur. C'est assimiler la divinité à un « Cerbère à trois têtes ».

L'expression est pittoresque et ne manque ni d'esprit ni de justesse.

Une rapide analyse des deux traités de Servet montrera que la négation de la Trinité procédait chez ce jeune homme du respect de Dieu et de l'amour ardent pour son Fils.

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