SORTIES DES CORPS
CONTRE l'erreur DE QUELQUES IGNORANTS
QUI l'ENSENT
qu'elles DORMENT JUSQU'AU DERNIER JUGEMENT.
Dans l'avertissement qu'il a composé contre l'astrolofjie quon appelle judicière^ Calvin, tout en réfutant
iS
avec esprit et une réelle force de dialectique « les mathématiciens », qui se rendent coupables « d'astrologie bâtarde », déclare, cependant, que leur système « a quelque couleur de vérité » et « confesse que quant à la complexion des hommes et surtout aux affections qui participent aux défauts de leurs corps, elles dépendent en partie des astres, ou, pour le moins, y ont quelque correspondance ».
Servet sut-il se tenir dans une prudente mesure? Il est permis de croire que non. Emporté par l'ardeur de son tempérament, il osa prétendre que les médecins de la faculté qui n'étaient pas initiés à la science des astres étaient des ignorants! Il usa d'expressions plus blessantes encore. Criminelle audace! Monstrueuse inconvenance! Il se risqua à prononcer le mot « âne » et à l'appliquer à des èlres qui ne marchaient pas tous à
quatre pattes!
Rien que la mort n'était capable d'expier ce forfait, et c'est, en effet, la peine de mort que la faculté réclama contre l'étranger qualifié par elle de a trompeur et abuseur. »
Le 18 mars 1538, le Parlement, en séance solennelle, eut à juger un bien pittoresque procès. Servet était accusé d'avoir lu publiquement un cours d'astrologie judiciaire, « science réprimée par plusieurs constitutions tant divines et canoniques que civiles », et de s'être complu « à des divinations sur la nativité des hommes, leur fortune et adventures, prenant argument que selon le jour et l'heure que l'homme aurait esté né, il serait tel ou tel et il lui adviendrait telle ou telle
chose ».
f On invoquait pour obtenir qu'une sentence de mort 1 fût prononcée contre l'abuseur le chapitre xLvii d'Esaïe! ■ Le malheureux Espagnol devait, sans cesse, voir se ' dresser contre lui ces prétendus « livres saints » objet,