PAR LE FEU
Faire pourrir en quel([ue fosse, faire passer par le feu, ce sont les leit-motives de cette piété réformatrice. Le personnage auquel se rapportent les regrets du théologien picard, est-ce Jérôme Bolsec, alors domicilié à Veigy et qui se qualifiait de sujet de Berne? On l'a soutenu, et c'est là une supposition assez naturelle. Calvin haïssait Bolsec qui avait eu la témérité de ne pas souscrire à la doctrine du pape huguenot sur la prédestination, et qui avait commis le crime d'avoir raison contre « l'infaillible. » Bolsec incarcéré avait soufi'ert quelquesunes des tortures que Servet devait, lui aussi, endurer plus tard. Emprisonné. Bolsec s'était adressé en ces termes à ses persécuteurs : « Très redoutés Seigneurs, supplie humblement Vos Excellences Hierosme Bolsec, sujet de messieurs de Berne, qu'il vous plaise avoir souvenance que sont trois semaines qu'il est détenu en vos prisons avec grands despens et dommages, sans avoir commis crime de lèse-majesté, et sans avoir tué, meurtri, ni frappé, dérobé, ni injurié personne vivante, mais seulement pour avoir contredit à une opinion maintenue par vos ministres, laquelle chose ne doit être cause de si longue détention en prison, attendu que, en votre ville, a été permise disputes à papistes et anabaptistes. » Mais Calvin et les calvinistes ne l'entendaient pas ainsi. Le parti des Libertins tenta vainement de protéger Bolsec qu'une fraction du peuple genevois entourait de sa sympathie. Les ministres de Dieu insistèrent
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pour obtenir que l'adversaire théologique du Réformateur fût puni par les magistrats de façon à ne pouvoir plus scandaliser le monde. Farel et ses collègues neufchâtelois présentèrent Bolsec comme un « personnage profane des pieds à la tête, qui se vautre dans les choses sacrées, ainsi qu'un porc immonde fouillant le sol de son groin impur. » Calvin ne se montra pas moins injurieux et implacable.
Afin d'expliquer l'inextinguible animosité du théologien de Noyon, on a allégué le misérable état de sa santé. L'impartialité oblige à ne pas refuser à celui qui fit souffrir tant de gens, Texcuse ou l'atténuation matérialiste delà maladie. Calvin fut presque sans cesse en proie à des maux physiques, dans lesquels s'il s'était agi d'un autre que lui-même, il aurait reconnu le juste châtiment de Dieu.
Voici donc, telles qu'on les trouve rapportées dans une de ses lettres, les soulï'rances physiques quihrelit de lui le plus tourmenté des tourmenteurs (1).
Aux médecins de Montpellier.
« Lorsque Sarazin, mon médecin, m'a voulu faire prendre les remèdes que vous m'aviez ordonnés, je luy ay demandé qui avait pris la peine, à mon insu, de vous consulter sur mes maux. Il m'a répondu qu'à la prière d'un de mes collègues, qui est à Montpellier, il avait fait une relation de l'élat où je me trouvais, afin que vous puissiez me donner conseil. Je reconnais par le détail où vous étiez entrez dans votre réponse combien ma vie vous est chère puisque vous prenez tant de
(l) Cette, lettre est tirer «lu volume (|ni a pour litre : Lt^lhcs choisies de Jehan Cdhin. nii.'^t's m f raiiçais par Antoine Teissior. Cologne, M. D. C. IL
soin pour la prolonger. Si vous m'aviez rendu ce bon office après vous en avoir priez, je vous en serais fort obligé ; mais je le suis bien davantage de ce que vous m'avez prévenu. Cependant je ne puis vous témoigner ma reconnaissance qu'en vous offrant les remèdes spirituels qui sont contenus dans mes Écrits. Il y a vingt ans que Tayaut et Gallas, très habiles médecins de Paris, eurent la même honnêteté pour moy. Mais alors je ne sentais pas les douleurs de la goûte, je n'avais pas à combattre la pierre et la gravelle, je n'étois pas tourmenté de la colique, ni des hémorroïdes, je n'étois pas menacé du crachement de sang. Tous ces maux ont fait en même temps irruption sur moy. Dès que j'ay été guéri de la fièvre quarte, j ay été attaqué d'un grand mal aux cuisses, qui après avoir un peu cessé, m'a repris à deux diverses fois, et qui enfin s'est changé en une goûte qui est montée des piez aux genoux. Après avoir été chatouillé par des vers que les médecins nomment ascarides, j'ay eu pendant très longtemps un ulcère fort douloureux dans les veines hemorroïdales duquel je suis maintenant délivré. Ce fut cause que Tété passé la colique me prit; car comme je ne pouvais souffrir l'agitation du cheval, j'alloys en litière à la campagne. Au retour je voulus faire une partie du chemin à pié. A peine eus-je fait une lieue que les maux que je sentais dans les reins m'obligèrent de m'arrêter. Et alors je fus surpris de voir que mon urine étoit toute sanglante. Étant rentré chez moi je me mis au lit, où je fus pas plutôt que j'eus divers accès de colique dont je ne fus guères soulagé par les remèdes qu'on me donna. Enfin ayant rendu une pierre avec de violents efforts, je sentis quelque adoucissement à mon mal. Mais cette pierre étoit si grosse qu'elle me blessa les veines et l'on ne put arrêter la perte de sang qu'en jettant avec une seringue du lait de femme dans la
partie affectée. Depuis ce temps il est sorti plusieurs petites pierres de mon corps, et la pesanteur que je sens dans mes reins marque qu'il y en a là une carrière. Le repos que mes piez malades m'obligent de prendre, me fait désespérer de guérir. Les douleurs que me causent les hémorroïdes m'empêchent aussi d'aller achevai. J'ay encore un autre mal; c'est que la viande ne pouvant pas se bien digérer dans mon estomach, se convertit enphlègmes, qui ne peuvent pas sortir parce qu'elles sont aussi épaisses que de la glu. Mais je suis bien indiscret de vous récompenser de vos soins, en redoublant la peine que vous avez prise, et en vous engageant, non pas à consulter de nouveau mon mal, mais à lire des choses ennuyantes que je vous ay écrites. — A Genève, février 1564. »
La nature répugnante et douloureuse des maladies de Calvin explique, et dans une certaine mesure excuse, les violences, les apretés de son caractère. Avec une santé aussi délabrée, aussi lancinante que pouvait faire un homme à qui la joie de vivre était interdite, sinon chercher dans le travail, l'espérance en Tau delà et le tourment d'autrui l'oubli de ses maux physiques? Calvin fut un scribe prodigieux, atrabilaire et morose. Il tenta de faire une société à l'image de sa personnalité impuissante au plaisir, à qui le rire était défendu et l'austérité la plus sèche indispensable. 11 s'inspira pour édit^er la Rome protestante des misères de son estomac et de l'acre pauvreté de son sang. Il croyait légiférer pour Dieu, il légiférait pour ses infirmités.
Elles firent de lui le plus maussade, le plus exaspéré et le plus cruel des tracassiers théologiques. L'organisation sociale qui fut la conséquence de sa domination « spirituelle » est affreuse. Il est peu de cauchemars aussi effroyables. Sous prétexte d'ouvrir le ciel à quelques élus (et encore cette prétention ne pouvait
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être sérieusement produite, puisque l'élection et la damnation étaient de toute éternité), Calvin faisait descendre « l'enfer » sur la terre. Le gouvernement théocratique qu'il cons(;illa et fit prévaloir à Genève est d'une morosité et d'une dureté sans précédent. Le théologien à qui ses maux physiques faisaient une âme de fiel, d'hypocondrie et d'angoisse, proscrivait le plaisir, l'art, le luxe, l'agrément, le sourire. Il n'admettait la liberté sans aucune forme. Les châtiments par lesquels on réprimait les « écarts » de conduite et de langage, c'est-à-dire l'exercice de la pensée, le droit de ne pas soumettre les actes de la vie à des doctrines de désespoir, comprenaient la prison, les punitions corporelles en public, l'exil et la mort.
La méchanceté théologique n'épargnait personne. Elle s'abattit sur le pauvre poète Clément Marot, ce moineau franc égaré parmi les corbeaux de la Réforme. Le poète du « doux nenni », afin d'échapper à la persécution catholique en France, s'était réfugié à Genève : il y trouva des persécuteurs d'une autre sorte. S'étant permis, un jour, pour se distraire, de faire avec son ami Bonivard une partie de tric-trac, il fut dénoncé ' au consistoire et dut quitter la ville au plus vite.
Nous ne connaissons pas toutes les mesures prises sous le régime calviniste « pour tailler le peuple au modèle d'un puritanisme ridicule et odieux ». Toutefois il suffit de parcourir l'histoire de ce temps et de relire le recueil des ordonnances civiles, particulièrement les articles connus sous le titre de lois somptuaircs, pour comprendre la répulsion que devait éprouver le parti national, dont les Libertins étaient les représentants, en face d'une réglementation burlesquement et cruellement oppressive.
L'homme qu'on représente comme un « grand Réformateur », comme une intelligence de haute envergure,
l*fi
Calvin se préoccupe quotidiennement d'empêcher les Sn -ôi de danser:de jouer aux quilles, de chanter des ? ;rsons. de porter des « pourpoints cro.ses ». sou peine de « trois jours en prison au pain ta 1 eau et de soixante sous d'amende, la prem.ere lois. . » U fait "r et emprisonner un nomm. Mollier qu. « se trouvant à Thonon a dit, en demandant des caries . aIL le. psaumes de David; il dénonce au Cons.s- S s mécréants qui « portant des enfants au baptême s'en retournent sans avoir ouï le sermon. » ^-e premier juillet .530 on mit « en prison au pain et a YeZ Pierre Uenard parce qu'il a dit ù Bastien bonceeT bourguignon, qu! venait de comparaître d,n^nt le minstres • « Ouc l'ont dU ees haouenaudiers? » Le S^ ep-embro, le V.eur Conte, boucher, convaincu de saunai dirV« ses prières, est condamné a se trouve tous les jours au sermon, sous peine d un teston le 20 ao 1 1-'- <^"'vin f-^ comparaître Philibert Donna devant le Consistoire et l'accuse « d'avoir danse chez Sues Ulondel, et détre sorti du temple vers le milieu du mnon sans tirer son bonnet. » Dans la même année ies genevois sont avertis . de la part des magnifiques et tSs redoutés seigneurs que nul ne doit être assez Ïaldi de jurer le nom de Dieu, sous a Pe-ne 1-- ^ nremiére fois de baiser terre et crier a Dieu merci , pouT la seconde fois de rebaiser terre a genoux en crTni à Dieu merci, et à payer dix sous ; pour la tro s ème fois à payer soixante sous et à être en prison un r et une n^iit au pain et à l'eau, pour la quatr.eme : sd'ètre banni de la cité durant 'rois mois », âpre baisement de terre et paiement «^ ^""«"f;- '^ /" ;3 , tobre Calvin dénonce Paul bienvenu pour avoir appelé <1 ministres »u..c0.m et autres injures » Ln peu Ilus tard « un pâtissier qui, sans avoir ou, le sermon, S a lé prendre' la cène, en venant de panser ses che-
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vaux, est condamné à vider la ville dans six jours et à n'y plus retourner sous peine du fouet. »
Vingt pages ne suffiraient pas pour énumérer les vexations du genre de celles que nous venons de citer. C'est pourquoi les écrivains les plus favorables à la Réforme, les plus indulgents à Calvin, Marc Monnier entre autres, ont été obligés de reconnaître que, sous la domination du Picard, « (îenève était devenue une ville triste et avait chassé non seulement le plaisir, mais tous les arts de sa maison. La loi intervenait partout, réglait les modes, fixait le menu des repas : deux plals^ viande et léffume^ sans pâtisserie... Le Consistoire citait à comparaître devant lui tous ceux qui avaient péché contre les mœurs, et quels étaient les délits de ces grands coupables?... — Une femme s'était avisée de prier en latin et de dire : Ave Maria! — Une autre avait porté des cheveux pendants; un autre s'était montré en public avec des culottes bouffantes, un autre avec un bouquet sur l'oreille; des jeunes gens avaient été surpris dans une hôtellerie : les hôtelleries n'étaient permises qu'aux étrangers, surveillés de près par les aubergistes. Le voyageur, en y arrivant, devait être dépouillé de son épée; il ne pouvait sortir après souper, ni boire autre chose que le vin rouge du pays; il était tenu de faire sa prière avant le repas ; s'il y manquait l'aubergiste était responsable. On citait devant le consistoire des filles qui s'étaient exercées à patiner, un priseur qui, au prêche, avait offert du tabac à son voisin, un créancier et un débiteur qui avaient réglé leur petite affaire en sortant du temple, une femme qui avait regardé le prédicateur avec un peu trop d'attention... » Nous prenons au hasard parmi des milliers de faits semblables.
« Toutes les muses, ou presque toutes, furent littéralement bannies. Défense de danser, et môme de voir
danser, d'entonner chansons « lugubres et vaines. » La musique fût interdite, même aux fêtes nuptiales; on ne toléra que celle des psaumes, alternant avec le bruit des clairons, des fifres et des tambours, ou, tout au moins, avec le liennissement de la trompette qui épiait Tennemi du haut de la tour. Il n'est pas jusqu'à la musique sacrée qui ne fut suspecte à Calvin. Dans sa pensée, le chant d'église pouvait servir à l'édification, « pourvu toutefois que l'on se donnât garde que les oreilles ne fussent plus attentives à l'harmonie du chant que les esprits au sens spirituel des paroles » (i).
Quant aux étrangers de passage à Genève, on peut s'imaginer par la lecture de Tédit suivant de l'agrément qu'ils devaient avoir dans la cité de Calvin :
« Que nul citoyen, bourgeois, ni habitant la ville, quel qu'il soit, n'ait à aller boire, ni manger en aucune taverne ou cabaret ; et que nuls hôtes, taverniers et cabaretiers n'aient à leur donner à boire, ni manger, à peine pour les particuliers de soixante sous pour chacune fois, et, pour la seconde, d'être privés de tenir
logis. .
« Que les dits hôtes et cabaretiers ne donnent a boire
ni manger aux étrangers pendant les heures des sermons des dimanches et jours des prières, à peine de soixante sous. — Esl défendu aux étrangers de sortir de leur logis après la retraite sonnée, à peine de prison, et autres châtiments dont leurs dits hôtes seront tenus les avertir, et, à ces fins, feront tenir fermées les portes de leur logis. Que les dits hôtes et hôtesses fassent faire en leur logis la prière à Dieu devant et après le repas, à peine de soixante sous pour une chacune fois.
« Que tous citoyens, bourgeois et habitants soient tenus veiller et observer diligemment tous allants et
(1) Genève et ses poêles, par Marc Monnicr, pp. 78, 70 et 81.
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venants. » L'espionnage et la délation étaient obligatoires!
A défaut des joies mondaines, des jouissances du luxe et des arts, des gaietés de la table, des divertissements et des plaisirs, le calvinisme offrait au peuple genevois la contemplation édifiante « des têtes tranchées, des corps coupés en quatre quartiers, du fonctionnement des instruments de torture. » Le parti des Libertins faisait les frais de ces spectacles de sang répandu et de chair meurtrie.
Au lendemain d'une échauffourée, à laquelle avaient pris part deux bateliers du parti des Libertins, les frères Comparet, une condamnation intervint portant que « ces deux pauvres diables » — la qualification est de l'historien protestant Amédée lloget — auraient « la tête tranchée, en Champel, et leurs corps coupés en quatre quartiers. » L'aîné des Comparet fut mis à mort le premier et ses membres furent exposés aux quatre coins de la ville. Les deux frères, par suite de la maladresse du bourreau, qui s'y prit à plusieurs reprises pour achever de les tuer, « languirent » dans un supplice effroyablement douloureux.'
Calvin, racontant cette exécution à son bon frère Farel, écrit : « Je suis persuadé que ce n'est pas sans une volonté spéciale de Dieu que les condamnés ont subi, en dehors du verdict des juges, un long tourment sous la main du bourreau. »
Plusieurs siècles avant Joseph de Maistre, le ministre de l'Évangile Calvin avait, à propos d'un fait d'atrocité, inventé la théorie du bourreau-providence; il avait osé faire d'un instrument de meurtre, cruellement manié, le glaive « spécial » de Dieu. Les frères Comparet, dit l'historien genevois Hoget, « n'étaient coupables que d'un simple délit de tapage nocturne, » —et anti-calviniste.
Afin d'anéantir, par l'échalaud ou par Tcxil ce parti des Libertins dont l'indépendance intermittente otlensail son orgueil et contrariait sa passion de dcspot.s.ne, Calvin «'etrorra de faire transformer en complot le « tapage nocturne » qui coûta la vie aux frères Comparet. Four obtenir ce résultat la torture éta.t nocessa.r Cela n'était pas pour arrêter la volonté evangel.que de Calvin. Aucontraire. Farlantdesmalheureuxprisonn.ers àquice genre de souffrances étaitréservé.Calvnecr.va.t à Farel . « Nous verrons, je l'espère, dans deux jours, ce que la torture tirera de leur bouche, ndemusanie bilum, ut spero, <,uid Mh exlorqueul '/«*' '« (*> »• Dans une autre lettre, sur ce même sujet, le Réformateur disait au pasteur BuUinger : « On «apas use à l'égard des prisonniers, d'autre violence que dele^e^ un peu (»oum«/(«m) les condamnés après avoir l.e leur bras à la corde. En fait on s'est contenté de leur présenter la perspective de la question pour les effrayer Or il mil tout naturel iVen arjir am$i, sans cela ils auraient tout nié, encouragés par leurs adhérents. Les ■uges ne pouvaient souffrir qu'on niât le complot qu. était évident. « 11 était si peu évident, remarque Roget, qu'on cherchait, par la torture, k en établir a rea ite. ^ A l'apologie du bourreau-providence, le Réformateur ajoutait l'apologie de la torture « naturelle. » 1 est vrai au'ilen parlait avec une désinvolture souriante. « Un s'est contenté, disait-il, de faire subir aux P"Sonniers un petit, un tout petit (non multum) supplice. » Dans la langue des bourreaux, que Calvin devait connaître, ce tout petit supplice s'appelle l'estrapade.
Calvin n'était pas « cruel», a écrit un des pasteurs qu ont raconté la vie du picard. Qu'est-ce qu ,1 lu, faut donc à ce pasteur ?
(1) Opéra Calvini, xv, p. 639.
LE r.4RTI DES LIBERTINS
loi
Le bourreau et les bannissements avaient exterminé, annihilé le parti des Libertins. L'ordre régnait. «Toutes les magistratures, du haut au bas de l'échelle, étaient aux mains des amis de Calvin. » Genève se courbait docilement sous le regard et le geste du belluaire théologique. La servitude abaisse l'homme jusqu'à s'en faire
aimer.
Avec le théologien de Noyon la cruauté n'a jamais dit son dernier mot. Tous les Libertins n'avaient pas été tués ou écartelés. Quelques-uns avaient réussi à prendre la fuite. Calvin lit demander que par édit exprès, « nul, quel qu'il soit, n'ait à parler de remettre, ni laisser venir devant cette cité les dits fugitifs et séditieux, A l'ElXE OCE CELUI OUI EN PARLERA, AVANCERA, OU PROCURERA, AURA LA TÈTE COUPÉE ».