BONIVARD
Moi, je ne ris pas ; c'est déjà quelque chose.
CIGOGNE, à part.
Vieux fourbe!
PKCOLAT
Nous ne manquons ni de cœtir, ni de courage, M. de Bonivard: mais où est la léte qui doit conduire nos bras'^ Certes! si nous avions pour chef ce fougueux et spirituel ennemi de Calvin, ce Michel Servet, qui vient de s'érhappor des prisons de Vienne, à la bonne heure ! Voilà l'homme qu'il nous faudrait, 11 est comme lArioste,
puissant avec la plume, intrépide avec l'épée...
BOMVARD
Et si VOUS l'aviez dans vos rangs, ce Michel Servel, qu'en feriez-vous?
CIGOGNE, à part.
Bon !... Voilà le Bonivard qui travaille.
PÉCOLAT
Ce que nous en ferions 1 Écoutez donc, M. de Boni-
vard. Calvin n'est pas un homme, c'est une doctrine, — et Ton ne tue pas une doctrine avec l'épée. Or, nous autres nous n'avons que des épées, tandis que Servet a quelque chose de mieux trempé que le glaive : — la parole !
ROBERT COP
Bahî un coup d'escopettc est un argument comme un autre. Mort le docteur, morte la doctrine 1
nOMVARD
Ouoi ! Un meurtre !...
IMIILIPPE-MATRIEU
La peine du talion est inscrite dans les lois de l'Ktat. Qui tue doit périr. Or, Calvin tue nos libertés.