NOUS AVONS ÉLEVÉ CE MONUMENT EXPIATOIRE
LE 27 OCTOBRE lOO.'J.
Devant cette manifestation il n'y eut qu'un cri dans la presse libérale. Jm da-Mio de Lamann e^whYxîi : « On a élevé un monument à Servet en l'honneur de Calvin. » Le mot fit fortune.
Sans doute on avait inscrit le nom du martyr sur la pierre ; on avait donné la date de sa naissance et indiqué l'endroit où il était né, — probablement pour empêcher qu'on ne le confondît avec d'autres victimes du calvinisme. On avait même affirmé qu'il était mort sur le bûcher, — ce qui était exact.
Cela fait, vite, on avait couru à l'apologie du Picard.
LA revanche: ï>E SERVET
Calvin était « grand ». .„. , ,
Il avait des fils et ces fils, doués d'un tact délicat et
du don exquis de l'à-propos, ayant évoqué le souvemr
de la victime, se proclamaient « les fils respectueux et
reconnaissants » du bourreau !
Certes, ils n'applaudissaient pas au crime du 27 octobre 1553; ils l'appelaient « une erreur », et pour qu'on ne pensât point que Calvin dût en porter la responsabilité, ils affirmaient que cette « erreur fut celle
de son siècle ». , , • •
Évidemment les auteurs de cette mémorable mscription avaient pour but d'encourager les admirateurs de Torquemada à élever à leur grand homme « un monument » semblable au monument de Ghampel. Rien, en eflet, n'est plus facile. Voyez plutôt :